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Voici la version 3 déjà de mon blog. Cette fois, place aux images directement en première page et aux textes qui se présentent en entier.
Bonne lecture et à bientôt dans la partie commentaire.


Intrigués et perplexes, ils le sont tous, animaux sur la paille mais aux allures généreuses.


Dans les rues de Paris, toujours il y a de tout. Vieilles télés, tabouret, canapé en osier, étagères, matelas usés. Voilà pour les objets abandonnés. Il y a aussi ceux que l’on appellera des jeux. Et ce seront les cintres au grand cirque du lancer.

Certains ont dû tricher et grimper pour gagner en hauteur. Le jeu devient alors l’abandon, mais un abandon décoratif. Combien de musées n’ont-ils pas présentés derrière des vitres, des cintres, des balais, des assiettes ?
Mais dans la rue seule, la surprise est vraie.


Alchimie

mardi 15 janvier 2008, par Claire Mélanie :: Histoires de nature ::Textuel ::

La buée s’envole, s’échappe, chemin de nuages
pour quelques êtres ténus.
- "Mais la buée, c’est révolu !
- Perle de rosée, que dites vous ?
- La buée n’est plus, je suis sa soeur et je l’ai tuée."


Il était une fois trois petites couleuvres qui en avaient assez de ne pouvoir se chauffer les écailles car elles habitaient un pays de neige et de nuit. Un soir de décembre, dans cette année où le froid et la nuit furent encore plus rudes qu’à l’accoutumée, elles rassemblèrent leurs affaires et partirent. Un sac de laine sur le dos, un petit cache nez contre la bise et les voilà se mouvant tant bien que mal à travers la neige et ses pièges. Nul ne saurait dire la difficulté de ramper dans un sol qui s’enfonce, échappe, se met à nous recouvrir. Nos trois courageuses couleuvres, elles, le savaient, et souffraient. Ce n’était pas pour rien qu’elles avaient jusque là remis ce périple.
Comment se fait-il alors que ces trois-là se soient à l’origine trouvées dans une telle contrée ? C’est justement qu’à l’origine, elles n’étaient pas de ce lieu. Elles se souvenaient encore de quelques bribes de lumière et de chaleur, sensations et émotions inscrites dans le plus intime de chacune d’elles. Tout cela restait néanmoins confus, comme dans une sorte de rêve par dessus lequel seraient passés les durs moments du réveil. Car un jour, elles s’étaient réveillées, les unes les autres à côté dans un endroit inconnu, inhospitalier, avec une douleur derrière la tête et le corps engourdi.
La nuit continuait de les happer sans cesse, même après des jours de voyage, qu’elles trouvaient durer des ans. Depuis longtemps, le cache-nez s’était défait, maille par maille et les écailles étaient à vif. Elles ne pourraient vraiment recouvrer confort et prestance qu’au temps de la mue. Mais ce temps leur semblait si hypothétique. Le doute les saisissait tour à tour : ce pays de lumière et de sable avait-il jamais existé ? Séraphine, la plus cultivée des trois n’avait pu garder pour elle que certains écrits mentionnaient une sorte de mémoire génétique, des souvenirs qui se transmettraient de génération en génération. Cette terre autrefois peut-être avait pu connaître le jour, quant au présent, il semblait suspendu dans l’obscurité.
Artichaut, la plus sage avait alors rétorqué que si le monde s’était arrêté, elle, elle était toujours bien vivante et que pour continuer d’exister, il lui fallait se mouvoir et chercher. Croquignette avait acquiescé.

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Auteur : Claire Mélanie
Voici un espace d'expression plus personnelle. Vous y trouverez quelques textes, quelques photos, des impressions. Des instantanés, des atmosphères, des humeurs, des remarques, le tout sans restriction d'objet : d'un film à la poste, d'un jeu vidéo à la feuille déchue. Bonne lecture !
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