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Monsieur Xavier Darcos innove en proposant dans les colonnes du Parisien Dimanche, de délivrer une médaille à tous les futurs bacheliers, et poursuivant en toute logique son idée jusqu’au bout, envisage d’emblée des couleurs différentes sur le mode bronze, argent et or sportifs selon les mentions.

Quelques uns de ces arguments : "pour symbolique qu’elle soit, la médaille aurait plus de signification que le seul diplôme de papier". "Je crois très important que les adultes, si exigeants avec les élèves, leur retournent ensuite une reconnaissance. La remise de prix ou de diplôme n’est donc pas seulement une récompense mais une marque de gratitude de l’école envers les élèves qui illustrent les valeurs de l’école".

C’est vrai qu’à notre époque, pour comprendre un papier, il faut savoir lire, et tout ce qui brille prend tout de suite plus d’importance.

Et cela sans dire que le but du baccalauréat est totalement détourné : depuis quand la délivrance de ce diplôme est-elle une récompense du corps éducatif pour les élèves qui se seraient bien coulés dans le moule et qui deviendraient les porte-drapeau des valeurs républicaines ?
Le baccalauréat atteste de l’atteinte d’un certain niveau de compétence et valide un ensemble de connaissances.

Depuis quand en outre doit-on récompenser un comportement citoyen ? L’on croirait donc ainsi acheter la conduite des élèves par une récompense si futile ? Il faudrait, pour plus d’efficacité, organiser un bac Académy, tous les élèves dans un château, filmés 24 heures sur 24, testés en direct et avec public. Tapez sur le 2 si vous pensez que Georges mérite le bac, tapez sur 3 pour Amélie ...
Les vraies paillettes pourraient un tant soit peu faire illusion - un court instant - pour quelques lycéens en manque de reconnaissance.

Mais le ministre de l’éducation nationale prend les lycéens pour plus bêtes qu’ils ne sont. En quoi une médaille serait un élément motivant ? L’espoir de pouvoir la déposer au mont de piété pour se payer un demi-mois de location de chambre ?
Valoriser le baccalauréat, certes, mais la distribution généralisée de récompense ne réduira pas le taux d’échec en première année d’université.

Le principe-même de la médaille semble être l’écho de la société de la performance à outrance, tous sur la piste et que le meilleur gagne. Le principe du baccalauréat n’est pas la compétition avec les autres mais pour soi-même. On n’apprend pas ni on ne s’éduque pour que la société nous dise merci comme à un enfant bien sage et obéissant mais pour soi-même : connaître et réfléchir.

Si les images, cinq petites avant d’avoir la grande, peuvent avoir leur charme au primaire, même si à la réflexion le principe peut déjà en paraître contestable, proposer une carotte si fade à ceux que l’on prétend faire devenir citoyen paraît ou ridicule ou insultant.
Mais c’est oublier qu’il faut habituer ces bacheliers au management à l’américaine qui sévit aussi chez nous : le meilleur vendeur de la semaine qui obtient photo au mur et casquette spéciale. Juste pour créer une émulation mère de rentabilité.

C’est à se demander s’il faut toujours être exemplaire.


J’avais donc décidé de me renseigner sur la vente d’animal en animalerie.
Selon les quelques informations glanées de-ci de-là sur Internet, il semblerait que la situation soit encore pire que prévue. Néanmoins, certaines affirmations resteraient à étayer notamment par des témoignages plus directs.
Les animaux les plus vendeurs sont forcément les bébés ou les petits : chatons, chiots. Lorsqu’ils commencent à grandir, leur potentiel de vente diminue, on décide alors de les brader. Et s’ils ne sont toujours pas vendus, il semblerait alors qu’ils soient dans de trop nombreux cas, tués, comme on jette la nourriture invendue en fin de journée.
Concernant la provenance de chiens, il semblerait qu’il existe beaucoup d’élevages en Europe de l’Est. On fait alors venir les chiots via un long trajet par camion.
La Belgique a voté en 2007 un amendement, qui s’est appliqué dès le 1er janvier 2008, visant à interdire légalement la vente de chiens et de chats en animalerie. Cet amendement n’est pas anodin et semble bien l’écho d’une prise de conscience que les animaux, même domestiques, ne sont pas des choses. On ne pourrait donc pas faire commerce organisé de cette vie-là, la vente amateure restant autorisée.

Si en France, on reconnaît légalement que le corps humain ne peut être appréhendé comme une marchandise, il semblerait que la vision française du principe de vie reste encore assez restrictive : vie pour vie humaine.

Si l’exemple belge ne résout pas tous les problèmes : marchés noirs, faux amateurs, quid des autres animaux ?, il est une avancée non négligeable.

D’où viennent les animaux vendus en animalerie me demandai-je soudain en traversant la rue, à la vue d’une animalerie spécialisée chien et chat.
Si la provenance des poissons rouges et autres poissons exotiques ne se posait pas trop : des élevages voire des prélèvements en milieu naturel pour les poissons les plus rares, d’où venaient donc ces chiens et ces chats qui m’apparaissaient au détour d’une rue ?
Des élevages également ? Je me dis alors que je n’avais jamais imaginé qu’il puisse exister des élevages de ces animaux, ayant toujours en tête l’image du chiot ou du chaton que l’on donne, fruit d’une trop grande portée pour être entièrement conservée à domicile.
Mais finalement, pourquoi pas, l’humain fait commerce de tout et faisant commerce, il rationalise et exploite au maximum le filon. Il devait bien exister des fournisseurs professionnels, vraiment... Je doutais cependant et doute encore de cette idée.
Voilà qui me donnait de quoi m’occuper, si besoin était : vérifier tout cela.
En attendant, je formulai une autre hypothèse : les fournisseurs sont de simples particuliers, qui ont besoin à notre époque - il est vrai, ce fut suffisamment à la mode pour faire élire celui qui est président - de toujours plus d’argent. Le retour de l’enrichissez-vous de Thiers, sous la forme d’un travaillez plus avait sonné l’heure de la glorification du tout marchandise, du tout argent. Chien, chat et poisson rouge étaient sacrifiés sur l’autel du pouvoir d’achat.
Pourquoi sinon, vendre à une boutique un être vivant et le condamner à passer ses journées enfermé, avec trois à quatre autres congénères dans un mètre carré - deux peut-être, au maximum ? Voilà bien un drôle de métier que celui de vendeur animalier, me dis-je alors, et ce n’était pas la première fois.
Caché sous des allures de vétérinaire, ne se différenciant pas beaucoup au premier coup d’oeil du médecin pour animaux de mon quartier, la pancarte "soldes" tranchait néanmoins depuis quelques temps sur l’allure apparemment conviviale de la boutique. Faux ami des animaux. Vie en solde, messieurs, dames, achetez-vite, il n’y en aura pas pour tout le monde.
Justement, si, il y en a pour tout le monde, il est simple de trouver quelqu’un qui vous donne un petit de sa portée, alors pourquoi associer un geste commercial à l’inauguration d’une relation qui se voudra affective ? Il y a déjà tellement d’animaux à recueillir et qui attendent dans des refuges pour ne pas aller faire du commerce de la vie.
Alors, c’est vrai, le chien du refuge ne sera pas de la race que vous souhaitez, il n’y aura pas de chat roux, et c’est un chat roux que vous voulez absolument ? mais pourquoi ? Je reconnais que le choix de la race pour un chien n’est pas anodin, mais la recherche du pur-sang, de tel détail chez l’animal a quelque chose de suspect.
J’y revins alors : pourquoi des particuliers choisiraient-ils de vendre leur animal à une animalerie ? Le pour l’argent, d’accord, pour ne pas le mettre dans un refuge où il serait trop à l’étroit en attendant son compagnon ? Pas si sûr à la vue du peu d’espace d’exposition des animaux en animalerie. Pour ne pas l’abandonner sur le bord d’une route ? Il faudrait se donner les moyens de le donner.
Non vraiment, "à vendre", "soldes", résonnaient très mal. Les jeunes chiens essayaient de jouer, mais le jeu, dans un espace si restreint semblait chargé de réelle agressivité. Trois chats, de l’autre côté, dormaient, l’un dans une simple cuvette en plastique - la litière ? - , le dernier tentait de jouer tout seul avec une boule de poils.
Je m’avouai cependant l’efficacité d’un tel procédé de devanture : spectacle attendrissant de ces jeunes animaux. Les animaleries joueraient-elles sur notre sens de la compassion : acheter pour libérer ?

Exercices d’écriture, suite

vendredi 4 juillet 2008, par Claire Mélanie :: Interlude ::Textuel ::

Voici un autre exemple d’une rapide mise en oeuvre du jeu d’écriture dont les règles sont expliquées un peu plus bas.
Cette fois, nous étions partis des mots suivants, et cette fois je vous les retranscris tous. Je vous soumettrai ensuite les vingt choisis parmi ce déferlement de mots pas si étonnants que cela, lorsqu’ils sont donnés en juin.
N’hésitez pas à soumettre en commentaire vos propres "résultats".


mur, arme, feuille, arbre, prise, voler, courir, réussir, mourir, gagner, dormir, plage, soleil, palmier, tableau, eau, cygne, vacances, scooter, livre, table, poisson, soleil, repos, mer, plus, école, maison, porte, air, yeux, lumière, pommier, vie, discipline, indépendance, libre, vent, ciel, argent, oreiller, chat, piscine, nuage, film, glace, tennis, amour.

Mots choisis :
livre, palmier, argent, chat, oreiller, discipline, feuilles, vent, air, yeux, lumière, nuage, dormir, vie, eau, gagner, repos.

Premier texte

A livre ouvert je me promène
De palmier et d’argent je me parsème
Un chat sans oreiller a plus de discipline
Que mes feuilles dans le vent.
Pommier dans l’air, mes yeux
De lumière portent au ciel
Une vie de nuage.
L’eau a gagné,
Et vient dormir contre ma maison de repos.

Second texte



La Discipline du rêve

Le ciel a ses nuages
Que l’air fait dormir.
Lève les yeux vers cette
Lumière d’argent,
Palmiers et Pommiers s’inclinent
Dans son vent.
Un chat amusé
Craquèle les feuilles, comme
Son oreiller.
C’est là le livre de la vie,
Où le repos gagne doucement,
L’eau se fait maison des songes
Pour le rêve des amants.


La poste versus la poste

Tout tient vraiment à la personne

lundi 30 juin 2008, par Claire Mélanie :: Discours ::Les billets s’effeuillent ::

Un jour, on peut en vouloir à la poste, s’exclamer : "mais vraiment, ça a beaucoup changé", et le jour suivant s’exclamer au contraire : "ah la poste ! Ils sont vraiment gentils à la poste".
En réalité, l’une comme l’autre des affirmations tendent à être fausses, difficilement conciliables.
On pourrait juste se contenter de dire que, potentiellement, à la poste, vous avez des chances de tomber sur quelqu’un de serviable.
Mais revenons à l’origine de ces deux affirmations.
Premier cas, au guichet pour poster un colis dans un emballage chronopost recyclé. Et bien voyez-vous, ce n’est pas possible d’envoyer ça comme ça parce que les agents de la poste pourraient s’y perdre : chronopost écrit sur le paquet mais envoi en colissimo. C’est vrai que c’est compliqué surtout quand il est visible à 10 pas que l’emballage a déjà servi ( l’aspect chronopost devenant donc périmé de façon évidente) et que le papier colissimo indique une date actuelle.
J’ai dû rentrer chez moi pour entourer mon paquet d’un vieux papier kraft histoire de ne troubler personne. Le postier n’a rien voulu entendre, malgré la longue attente effectuée, il n’a pas non plus cherché à coller quelque chose qui trainaît : "c’est à vous de faire votre paquet". J’avoue c’est un bon argument mais un peu irritant quand il est suivi de : "la seule solution c’est d’acheter un emballage colissimo neuf" à 2,30 euros de plus bien sûr...
Second cas, au guichet pour poster un colis dans un emballage grosse enveloppe à bulles recyclée. Avec plein de jolis timbres tamponnés dessus. Et bien voyez-vous ce n’est pas non plus possible d’envoyer ça comme ça parce qu’encore une fois l’agent de la poste (ou le contractuel) pourrait être troublé malgré la présence du papier colissimo.
Je me voyais déjà repartie chez moi pour peaufiner le tout... Heureusement, sans que je n’aie rien demandé, la guichetière est partie chercher de la colle et un papier quelconque pour recouvrir l’objet du délit.
Deux minutes après, mon colis était parti, moi bien soulagée de ne pas avoir à refaire la queue.

Morale de l’histoire, et elle est double :

- toujours recouvrir tous ses emballages recyclés avant de leur refaire faire le cycle postal

- ne pas généraliser dans le mauvais sens comme dans le bon d’ailleurs.


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Auteur : Claire Mélanie
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