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Des ailes rattachées au coeur par une vibration sensible.
La fleur dit :
"Viens Feuille, jouer avec moi au toucher du plus doux !",
dressée, offerte sur le rouge de sa tige.


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Un peu de grisaille par ce temps enfin ensoleillé. Nuages en surimpression pour des reflets qui ne sont pas vraiment dans l’eau.

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Monsieur le Président de La République, Nicolas Sarkozy souhaite "sanctuariser’ l’école notamment en installant des portiques de détection d’objets métalliques et en autorisant éventuellement pour la rentrée prochaine la fouille des cartables pour le personnel de direction des établissements scolaires.
(source, notamment sur lemonde.fr)

Notons tout d’abord, avec d’autres, que le mot "sanctuariser", peut-être percutant en terme de communication, paraît en fait monter de toute pièce quand il s’applique à l’école de la République.
En effet, le terme vient étymologiquement de "sanctus", saint et est une déclinaison du nom sanctuaire, désignant un lieu religieux, sacré, le plus souvent interdit aux profanes, c’est à dire à ceux qui ne partagent pas la religion en question, voire qui n’ont pas suivi un certain parcours à la fois d’initiation et initiatique.

L’on comprend bien alors la tournure imagée du Président de la République (et de son équipe de communicants) lorsqu’il parle de "sanctuariser l’école" : à travers une métaphore un peu provocatrice (quand on repense aux propos de Monsieur Nicolas Sarkozy affirmant en substance que l’instituteur ne pourra jamais remplacé le curé) et finalement peu appropriée (nous allons y venir), le Président cherche à nous dire qu’il faut que l’école soit un lieu préservé, mais partant coupé du reste du monde.

Que signifie faire de l’école un lieu préservé, et si l’on applique jusqu’au bout l’image, que peut signifier l’école comme lieu réservé aux initiés et à ceux qui partagent le culte de cette institution ?

Lieu préservé, dans les propos de nos dirigeants, ce serait une école envahie, envahie par le sécuritaire et par l’institutionnalisation des rapports de force : portiques, fouilles, caméras de surveillance.
Préservé parce qu’il n’y aurait plus d’armes introduites dans l’établissement ? Si une bande attaque un établissement, portique ou pas portique, elle passera. Si un élève veut attaquer un "agent de l’Education nationale", portique ou pas, caméras ou pas, fouilles ou pas, il l’attaquera, que ce soit au sein de l’établissement ou en dehors.

Veut-on éduquer les élèves, futurs citoyens au sens où ce sont eux qui voteront demain (mais déjà citoyens au sens où ils appartiennent déjà pleinement à la vie de la cité) en les mettant dans une logique de peur, de surveillance permanente et de répression ?

L’élève qui entre à l’école n’est justement pas encore cet initié, il commence un processus initiatique (si l’on se permet un peu de mysticisme pour décrire le processus d’éducation) au travers duquel on cherche à former son esprit, à le former lui, pour le rendre autonome, capable de réfléchir par lui-même et pour qu’il ne devienne pas un esclave quelle que soit la forme que peut prendre l’esclavage. Chacune des disciplines, que ce soit au primaire, au collège ou au lycée rentre pertinemment dans cette description d’ouverture et de compréhension de son environnement : mathématiques, français, histoire, biologie etc.

Mais apprendre demande un minimum de sérénité. Peut-on être serein quand des miradors se construisent ? La métaphore de la prison aurait effectivement été plus appropriée. Mais après tout, c’est que l’école est remplie de délinquants...

L’école accueille effectivement tous les publics et hélas ne peut parfois plus en accueillir certains, par manque de choix politiques en ce sens. Ouvrir à tous signifie ouvrir même à ceux qui ne sont pas adaptés, ouvrir même à ceux qui rejettent. L’école devrait alors avoir cette ambition de proposer des solutions à ceux pour qui il n’est pas possible de suivre dans des cours à 35, à ceux qui même en 3ème savent à peine écrire, à peine lire tout en maintenant pour les autres des formes plus courantes, proposer à ceux qui rejettent d’autres parcours.

Mais comment croire que d’aussi simples mesures matérielles vont améliorer les conditions de travail pour les professeurs et d’apprentissage pour les élèves ? Il ne s’agit que de l’avenir d’un pays, c’est vrai, répondons aux attentes essentielles voire existentielles de l’école par du concret, rapide et facile : des grilles.

En faisant de l’école un écho de prison, il n’y aura finalement que de la détestation. Peut-être un peu plus coûteux et certes un peu plus compliqué serait de redéployer une réelle présence adulte dans les établissements.

Que chaque établissement scolaire ait en permanence une psychologue, une conseillère d’orientation, une infirmière, plus de personnels de vie scolaire, et non pas une infirmière tous les trois jours, une conseillère d’orientation un jour dans la semaine.
Et parlons de ce qui fâche, du nombre de professeurs : d’où sont sorties les statistiques du taux d’encadrement de un professeur pour onze élèves proclamé par Monsieur Darcos ? Pour quelques éléments de réponse, rendez-vous sur cet article. Simple jeu de statistiques car sur le terrain, les classes de collège tournent à 23-28 élèves par classe et les classes de lycée de 30 à 35 élèves par classe.

Qui ose encore dire, malgré une campagne de sociologues en ce sens que le nombre d’élèves par classe n’a pas d’impact sur l’enseignement ? Même si cela ne devait privilégier que le confort du professeur cela aurait pour conséquence directe une meilleure condition pour faire cours.

C’est en amont que le problème est, c’est en amont que le problème doit trouver solution. Et ne pas entendre l’amont comme la nécessité de plus d’enseignants, l’amont, c’est ce que propose la société, les modèles même qui en émanent.


L’air du temps toujours aussi tendu. Grèves, conflits, violence, on ne saurait ne pas remarquer que nos rues sont bleues, souvent, très souvent.
En est-on plus rassuré ? Ce n’est pas sûr.

Et toutes ces caméras qui fleurissent un peu partout, de plus en plus partout, en êtes-vous plus rassurés ? Des faits récents ont montré qu’une caméra n’empêche ni le délit ni le crime, elle permet tout au mieux et dans certains cas seulement d’obtenir plus aisément un début de piste d’enquête. Echanger sa vie privée contre cela, un lourd prix à payer pour satisfaire aux angoisses de quelques (de trop ?) de Français leurrés par cette sécurité qui n’en est pas une. Début (bien avancé) de prison.

Réfléchissez, vous pouvez passer quasiment toute une journée sous l’oeil d’une caméra, non vous n’êtes plus si libres car vous êtres tracés. Réveil, l’heure d’aller travailler, vous sortez dans la rue, pas besoin qu’elle soit sous surveillance municipale pour être filmé, il suffit que votre rue soit pleine de banques. Vous vous engouffrez ensuite dans le métro, dans le rer ou dans un bus, comme le dit si bien la ratp (se veut-elle drôle ?) : "souriez vous êtes filmés". Vous et tout ce que vous feriez, les documents que vous consulteriez, les textes que vous écririez, les messages que vous recevriez. Peut-être les caméras ne sont-elles pas assez puissantes pour montrer clairement les détails, espérons-le.

Vous sortez enfin des transports, dans une ville qui a installé des caméras, dommage. Au travail, seriez-vous enfin seul, sans oeil scrutateur ? Non, vous travaillez dans une de ces nombreux établissements / institutions qui ont choisi la caméra comme rempart. Mais à quoi si ce n’est à la liberté effective ?


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Auteur : Claire Mélanie
Voici un espace d'expression plus personnelle. Vous y trouverez quelques textes, quelques photos, des impressions. Des instantanés, des atmosphères, des humeurs, des remarques, le tout sans restriction d'objet : d'un film à la poste, d'un jeu vidéo à la feuille déchue. Bonne lecture !
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