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Silences et non-dits de l’Histoire antique : L’héritage gréco-romain et autres civilisations du monde entier d’Emmanuelle Grün

mardi 26 novembre 2013, par Gransard-Desmond impression

Mots-clefs :: Littérature ::

Venez ouvrir la boîte de Pandore.


Avec Silences et non-dits de l’Histoire antique, Emmanuelle Grün invite le lecteur à redécouvrir l’Antiquité gréco-romaine. En réalité, l’ambition est plus large. Il s’agit ni plus ni moins que de remettre en cause l’enseignement encore donné au XXIe s. à l’école et jusque dans nos universités sur le développement de nos civilisations européennes. Critique acerbe de notre époque qui passe, selon l’auteur, sous silence la réalité des liaisons culturelles entre sumériens, babyloniens, égyptiens, phéniciens, grecs, romains, juifs et chrétiens, Silences et non-dits de l’Histoire antique est un livre à lire lentement afin d’en méditer chaque propos.

Si le projet est ambitieux, l’auteur s’est-il donné les moyens de le réaliser ?
De mon point de vue, Emmanuelle Grün n’y est arrivée qu’en partie seulement.
Toutefois, le travail est impressionnant.


Pourquoi ce travail est-il impressionnant ?
La recension des informations effectuées par Emmanuelle Grün ne peut pas laisser d’impressionner tant l’auteur a réussi à rassembler des données de façon large et précises à la fois pouvant laisser croire à l’exhaustivité. Que ce soit le tableau synoptique des constituants récurrents d’un continent à l’autre en matière de chaos originel et des origines de la création (p. 66-73) ou des symboles religieux propres à notre culture spirituelle (par ex. "Dieu le père" descendant de Jupiter dont l’étymologie latine signifie "Ciel/Jour père" correspondant lui même à l’expression grecque "Zeus le père" pour expliquer que l’appellation chrétienne n’est rien d’autre qu’un emprunt direct à une culture spirituelle romaine empruntée elle-même dépendant elle-même de culture spirituelle antérieure / p. 353), l’auteur a passé beaucoup de temps à pister le sens aux travers des textes d’Archimède, de Plotin et de bien d’autres.

Pourquoi considérer que les moyens n’ont pas été réunis alors ?
Malgré ce travail impressionnant, Emmanuelle Grün ne cite pas beaucoup ses sources. Loin s’en faut. Si une bibliographie existe en fin d’ouvrage, les différentes thèses soutenues par l’auteur sont tellement à l’avant-garde qu’il eût été bon que ces thèses soient soutenues par la possibilité pour le lecteur de se reporter aux sources utilisées. Autrement dit, qu’au moins quelques-unes des démonstrations fournissent les pages des sources afin de fournir au lecteur les outils pour superposer sa compréhension à celle de l’auteur, si ce n’est pour toutes les thèses.
À ce titre, "Silences et non-dits de l’Histoire antique" n’est pas une étude scientifique, mais un superbe travail de philosophie. L’auteur ne s’est donc pas donné tous les moyens pour réaliser son projet. En ôtant la possibilité de la contradiction, et donc de la validation de ce qu’il avance, il a ôté l’ossature de la moelle donnée au lecteur faisant tomber à plat le projet. Certes, si en tant que scientifique, cela me pose problème, je gage qu’il n’en sera pas de même pour beaucoup d’autres lecteurs qui trouveront dans ce livre de quoi alimenter certains fantasmes. Là n’était pas l’objectif affiché de l’auteur et s’il y a de la matière à penser et à réfléchir dans cet ouvrage, il n’y a pas matière à affirmer.

Dans ces conditions, pourquoi avoir donné la note maximum ?
L’œuvre philosophique d’Emmanuelle Grün est un pavé dans la mare d’une société considérant encore l’évolution de la science et de la technique comme linéaire, en perpétuel amélioration alors que la réalité n’est pas aussi simple. Rappelons qu’une technique comme la chaussée absorbante ou drainante redécouverte dans les années 1970 (voir enrobé drainant pour la notion de porosité de l’agglomérat) était déjà connue au milieu du IIIème millénaire av. (voir Margueron - Mari, Métropole de l’Euphrate, 2004, p. 142-143) pour se perdre après les derniers travaux des gallo-romains. Et pour ce qui est de la science, un exemple est fourni avec les théories héliocentriques d’Aristarque de Samos vers -280 ou encore d’Hypatie d’Alexandrie vers 370. Ces quelques exemples parmi de nombreux autres, dont certains sont évoqués par l’auteur, sont là pour le prouver et poser débat. Ils attestent bien d’une position philosophique ambigüe de notre société à l’égard du Passé.

Silences et non-dits de l’Histoire antique est également une œuvre philosophique qui pose la question de la véracité quant à notre façon d’enseigner l’Histoire aujourd’hui avec toutes les conséquences sociétales que cela implique. Prendre un tel risque à notre époque est une gageure qui mérite d’être salué.

À ces différents titres, je souhaitais saluer le travail de l’auteur et la remercier pour m’avoir fourni de nouvelles pistes à suivre.

L’ouvrage :

  • Editeur : Yvelinédition (2008)
  • ISBN-10 : 2846681880
  • ISBN-13 : 978-2846681889

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