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Salon littéraire du 21 mai 2016 - Compte-rendu, troisième partie

mardi 26 juillet 2016, par Claire Mélanie impression

Mots-clefs :: La Revue du 24 ::

Voici le compte-rendu des échanges avec Minh-Triêt Pham lors du 8ème salon littéraire de Jean-Olivier, Au seuil de l’hakoustique, avec l’aimable accueil de la bibliothèque Saint-Simon du 7ème arrondissement de Paris.

Compte-rendu de la première partie
Compte-rendu de la deuxième partie


Le troisième moment de ce salon littéraire de mai était consacré plus précisément au recueil de haïkus de Minh-Triêt Pham, Cendres sur le seuil du jour. L’auteur nous le présente alors comme une sorte d’anthologie de ses haïkus. Nombre d’entre eux ont en effet déjà reçu des prix.

Le recueil se déploie autour de trois parties, trois temps : on vit une journée. Le matin s’associe au printemps et à des thèmes assez légers. Le midi s’associe au jour, les choses s’y trouvent un peu pêle-mêle, c’est distrayant, dynamique. Le soir est consacré au spleen, à la nostalgie, à la nuit, à l’automne et à l’hiver.
La lecture de ces moments peut toutefois très bien se faire dans le désordre. Il faut prendre le temps de la restitution de l’instant. Ce n’est pas toujours immédiat. Que ce soit au moment de l’écriture ou de la lecture. Et surtout, pour l’écriture d’un haïku, il faut avoir vécu l’instant en question.


Crédits photo : Chris Esnault

Ce recueil a fait l’objet d’une recension et d’un commentaire critique dans le sixième numéro de la revue Place de la Sorbonne, revue internationale de poésie de Paris-Sorbonne.

Une première question invite Minh à remonter aux origines de son écriture, sur ce qui l’a amené à écrire des haïkus. Il nous raconte alors qu’il est arrivé en France à 17 ans sans savoir parler français. Il a dû reprendre une scolarité à partir de la troisième. Au Viêt Nam, il était passionné pour la littérature française du XIXème siècle, romantisme et réalisme. En France, il a découvert le haïku. En 2011, il commence à montrer ses textes, auxquels il est fait très bonne réception. Il est notamment lauréat en 2012 pour le séjour autour des haïkus à Shikoku dans le cadre du programme " Visit Japan " du Ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme du Japon. L’île Shikoku, c’est un peu l’île natale du haïku. Parmi les pères du haïku, il y a Bashô, Buson, Issa et Shiki, pour le haïku moderne. Or Shiki Masaoka a vécu à Shikoku.

Cendres sur le seuil du jour propose des haïkus d’abord écrits en français et dans leur traduction vietnamienne. Pour cette traduction, Minh a dans un premier temps cherché à respecter l’esprit du texte. Puis quand l’esprit était là, l’auteur essayait de revenir au plus proche des mots originels.

Ce recueil de haïkus est également illustré. La rencontre avec l’illustratrice a été un hasard. L’éditeur avait mentionné que ce serait bien de proposer un accompagnement par le dessin. Minh a alors fait appel à une étudiante en dernière année de l’école des beaux-arts de Saïgon, Quỳnh-Sa Nguyễn Trần.

Minh évite de regarder les haïkus des autres, de sorte à ne pas être influencé. Au moment de la découverte du haïku, il a trouvé le haïku classique japonais très contemplatif. Le moment « ahah » serait donc une spécificité du haïku français.
Une question s’ensuit sur la ponctuation, le signe. D’abord, les anciens haïkus se présentaient en une seule colonne. Ils n’ont été mis en ligne qu’après la seconde guerre mondiale, mais toujours sur une seule ligne. Ensuite, s’il y a une ponctuation, ça compte pour une ou deux mores.

Quant à dire qu’un haïku se doit d’être nécessairement sur dix-sept syllabes, c’est en réalité peu pertinent. En effet, en anglais, langue concise, 17 syllabes, c’est trop. Il s’agit donc d’adapter la longueur à l’expression d’une concision du moment.

Le haïku japonais, en particulier dans son expression classique, ne se comprend que dans le cadre plus général de la beauté japonaise : beauté intérieure, le vide de l’intérieur, l’esprit zen dérivé du bouddhisme. Il s’agit de favoriser l’interprétation.

Quelle est la place du haïku au Viêt Nam ? Il n’est pas très développé. Quant au Japon, le haïku n’y est pas réellement une forme de poésie. Avant toute chose, la personnalité doit s’effacer. Son développement peut notamment se comprendre en rapport avec la structure holiste de la société japonaise, comme avec les caractéristiques de la langue japonaise, très polie : on y trouve par exemple dix manières de dire « je ». On considère toutefois au Japon que le haïku représente l’expression la plus haute.
A l’origine, le haïku est issu d’ un ensemble textuel plus important, le haikaï, pratiqué par les nobles comme les poètes de cour. La première strophe était désignée sous le nom de hokku. Elle s’est autonomisée et a pris le nom de haïku, contraction de haïkkaï et hokku.

Il existe deux types de haïku. Il y a d’abord la forme classique en 5/7/5, avec le kigo et une petite césure marquée par le tiret cadratin. Il y a ensuite la forme plus contemporaine, qui se veut le plus court possible et qui travaille la chute. C’est de l’ordre d’une phrase repliée sur trois lignes. Il faut en revanche éviter la succession de trois phrases.

La question de la contemplation est posée. C’est une question de culture, celle du vide. Est-on sorti de cette dimension avec les haïkus contemporains ? L’approche est un peu différente mais la dynamique de resserrement est toujours là.

La discussion aurait pu se prolonger encore bien longtemps mais l’heure avait passé. Tous nos remerciements à Minh-Triêt Pham pour ces riches échanges.


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