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Le festival bouquinistes, bien moins qu’un festival

vendredi 9 mai 2014, par Laëtitia T. impression

Mots-clefs :: Société ::

Du 25 au 27 avril se déroulait le premier festival bouquinistes le long des quais de la Seine, pour valoriser la profession des détenteurs de boîtes vertes. Retour sur la journée du vendredi 25.


Le principe semblait attrayant : organiser un festival en l’honneur des bouquinistes des bords de Seine qui, tous les jours, marchandent leurs denrées littéraires ou affiches, neuves comme d’occasion.
L’idée était avisée, et amplement susceptible de plaire à tout passionné de livres ou amateurs de posters d’antan. On était incité à découvrir plus amplement un métier de partage, typiquement parisien. En terme de communication, les concepteurs avaient élaboré des affiches et flyers bien réalisés qui attisaient la curiosité, cela donnait amplement envie de se balader au bord de la rive ces jours-là. Dans les faits pourtant, on était loin de la vision idyllique que nous donnaient à imaginer les annonces de l’événement.

Où sont les bouquinistes ?

En partant du quai de l’hôtel de ville pour rejoindre des bouquinistes
supposés participer au festival, la stupéfaction ne se fait pas attendre,
les boîtes vertes sont bien nombreuses à être closes dans les environs.
Puisque quelques gouttelettes proviennent du ciel nuageux, on espère que le temps maussade n’a pas compromis la célébration.
En longeant, on finit par dénicher, après plusieurs mètres, une participante. Elle explique que le festival est quelque peu mis à mal
par ce facteur météorologique. Certes le soleil n’est pas radieux,
mais il n’y a pas non plus d’averse colossale. En l’abordant, on lui propose de révéler des aspects de sa profession mais elle décline toute interrogation. « Non, j’aime pas trop répondre à des questions au premier plan » Soit. Le but n’était-il pas pourtant de valoriser ce métier spécifique de la capitale ? Un tel refus de témoigner s’avère donc fort dommage.

Où est la bonne humeur ?

Les quelques stands ouverts n’étaient guère plus avenants, des bouquinistes qui s’adressent aux clients sur un ton sentencieux
s’ils déplacent les affiches au risque d’en faire tomber, d’autres qui sont assis, l’air peu affable. Ne généralisons pas, dans le lot il y avait très probablement d’aimables vendeurs, ils avaient simplement un art du camouflage sans pareil.

Ce ne sont certainement pas des conditions aisées, mais la vente exige une certaine jovialité. La bonne humeur : on la cherche encore.
Le terme "festival" implique la notion de festivité, ici aucun entrain ni ambiance. Surtout que le slogan indiquait « Les quais sont en fête ». Il y a pourtant bien plus de convivialité au rayon livre d’un supermarché.

Heureusement, au cours du périple, on finit par rejoindre le pont des Arts, et l’on se retrouve dans une ambiance éclatante :
les touristes qui déposent leur cadenas sont plein de frénésie.
On entend résonner de multiples langues et des rires, symboles
universels de béatitude. On se dit qu’heureusement, il y a des plaisirs simples qui font qu’on n’a pas tant perdu notre temps à la poursuite
de ce festival illusoire.

Où sont les activités prévues ?

Les activités annoncées n’ont pas eu l’air de s’établir. Le programme était déjà lacunaire quant aux jours exacts d’intervention, toujours est-il que le vendredi, pas de traces des poètes venus partager leur passion, ni d’acteurs censés réaliser une performance dans la rue. Aussi désert qu’à l’arrivée. On ne voit pas bien en quoi cela différait d’une journée ordinaire. Peut-être que le week-end était davantage propice à une ambiance agréable. Quoi qu’il advienne, cette expérience fastidieuse laisse une certaine amertume au point de ne vouloir y revenir.

Le jour d’ouverture du premier festival bouquinistes était loin d’être
aussi appréciable qu’escompté, à espérer que si prochain il y a, l’enthousiasme sera plus perceptible. Sinon dans le meilleur des cas, s’abstenir de vanter un événement inexistant économise du papier, et les déceptions sont épargnées.


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