Europe centrale et orientale :
Contexte : volonté de restaurer l’unité économique de la région politiquement démembrée après la première guerre mondiale (Autriche-Hongrie). Problème des relations Allemagne/Autriche (Anschluss interdit à Versailles).Tournant 1920’s – 30’s : crise agricole (surproduction). 1930 : série de conférences et de tentatives d’accords pour tenter de résoudre les problèmes dus à la crise agricole (production, prix, stockage, transport). Le problème qui se pose est celui de l’Allemagne.
Projets : 2 grands projets en Autriche :
- 1) projet de Mitteleuropa économique : porté par Richard Riedl depuis la première guerre mondiale, relancé après le mémorandum Briand. Première étape envisagée : union douanière Allemagne-Autriche.
- 2) projet de Mitteleuropa économique sans l’Allemagne : concerne les Etats successeurs de l’Autriche-Hongrie. Animé par Elemér Hantos. Pour lui, cette entente ne pourra se rapprocher de l’Allemagne qu’avec l’accord de la France.
Tentatives :
Tentative d’union douanière austro-allemande : congrès économique de l’Europe centrale à Vienne en mars 1931. But : accord régional en vue d’une union économique comprenant l’Allemagne. Autrichiens et Allemands annoncent un accord d’union douanière entre eux (= accord Curtius). Pour les Français, tentative de constituer une grande Allemagne → échec fn 1931/début 1932.
Plan Constructif Français : présenté en mai 1931 au sein de la CEUE. Réponse à la tentative d’union douanière austro-allemande. But : organiser les relations entre pays exportateurs de céréales et pays exportateurs de produits industriels (= mise en application du plan Delaisi). Albert Thomas propose un programme de grands travaux en Europe centrale + plan Heinemann d’interconnexion des réseaux d’électricité. Comprend les pays danubiens, l’Autriche, mais pas l’Allemagne.
Plan Tardieu : présenté en mars/avril 1932. Reprise du Plan Constructif Français de mai 1931. Autriche, Hongrie + Petite Entente (Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Roumanie). Projet : union douanière progressive, union monétaire à terme.
→ Ces plans envisagent les mêmes éléments : groupements de pays de taille similaire, union douanière par étapes.
→ Echecs. Dès 1933, il est trop tard. Par la suite, l’Allemagne va éviter que les pays d’Europe centrale s’organisent de manière régionale, en procédant de manière bilatérale avec des pays pendant les 1930’s (accords bilatéraux).
Europe occidentale :
La constitution du Groupe d’Oslo : Danemark, Norvège, Pays-Bas, Suède = petits pays inquiets de la montée du protectionnisme, neutres pendant la première guerre mondiale, favorables à la trêve douanière et déçus par son échec. Premières discussions en juillet 1930 à Copenhague → idée d’un accord économique à quatre : accord de non agression dans le domaine commercial (≠ union douanière) = pas d’augmentation des droits de douane sur les produits importants pour les partenaires.
Octobre 1930 : réunion à La Haye. La Belgique et le Luxembourg se joignent au groupe.
Décembre 1930 : réunion à Oslo → signature des accords d’Oslo = mise en oeuvre de l’idée de trêve douanière dans un espace limité. Accords en vigueur jusqu’en 1940. Cet accord rencontre le soutien d’organisations économiques, patronales et professionnelles (CCI). Limite : relations commerciales faibles entre ces pays → impact limité des accords.
L’accord d’Ouchy, 1932 : signé en juin 1932 par le Luxembourg, la Belgique, et les Pays-Bas à Ouchy. Principe : diminution par paliers des droits de douane. But : accord préférentiel visant une union douanière ouverte à de nouveaux membres. Problème : accord conçu comme un point de départ et pas une finalité. Volonté d’élargir cet accord aux grands pays voisins (France, Angleterre, Allemagne) → échec. Accord saboté par l’Angleterre : refuse la mise en oeuvre de ce projet au nom de la clause de la nation la plus favorisée. NB : les Anglais veulent éviter que cet accord ne soit le point de départ d’une organisation économique continentale.
Le Bloc Or, 1934 : projet de mise en place d’un espace économique régional. But : compenser par des échanges plus nombreux dans la zone les difficultés à exporter à l’extérieur (2). Pays concernés : France, Belgique, Suisse, P-B, Italie. Projet soutenu par Stoppani, la section économique de la SDN + nombreuses organisations professionnelles et économiques → échec : cette tentative ne constitue pas un espace cohérent, il manque l’Allemagne ou l’Angleterre.
→ Problèmes récurrents dans les tentatives régionalistes des 1930’s :
attitude de l’Angleterre, clause de la nation la plus favorisée