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L’essor du mouvement abolitionniste - Partie 1

mercredi 5 avril 2006, par Anne-Renée Castex impression

Mots-clefs :: Culture générale :: Histoire ::

Après avoir introduit le mouvement abolitionniste et étudié ses origines voici "L’essor du mouvement abolitionniste - Partie 1"


II] L’essor du mouvement abolitionniste

Le mouvement abolitionniste a pris forme et s’est structuré d’abord en Angleterre et aux Etats-Unis. Dans une troisième phase, le mouvement s’internationalise en partie, grâce à l’influence des Quakers anglais, qui partent répandre leurs idées en Europe. Le mouvement gagne la France, à la veille de la Révolution française.

A] L’esclavage au siècle des Lumières

  • Opinion publique et esclavage

Au XVIIIe siècle, de profondes mutations ont transformé les conditions même de la discussion politique. Le débat politique survient sur la scène publique. Dans une société de plus en plus alphabétisée, les sociétés de pensée, clubs et cafés littéraires se répandent, créant de nouveaux réseaux de sociabilité intellectuelle en marge de la légalité. L’opinion publique s’affirme, surtout après 1750, comme une force, un tribunal devant lequel doivent être débattus les problèmes de société.

Face à un public de plus en plus large, les journaux existants paraissent insuffisants et le manque de choix flagrant. Cela dit, des progrès s’accomplissent : les journaux se multiplient et leur contenu s’enrichit. L’amélioration des conditions techniques permet une diffusion plus rapide et un coût de revient moins élevé. Cependant, malgré ces évolutions, le développement de la presse reste limité ainsi que sa diffusion. Le livre reste le support privilégié de l’expression et du débat d’idées. Il assume la fonction politique et polémique, bénéficiant grâce aux « permissions tacites » d’un régime plus souple et moins restrictif que la presse.

Au XVIIIe siècle, le public avait une connaissance modeste des autres cultures et civilisations mais éprouvait de plus en plus de curiosité pour ce qui touchait aux connaissances géographiques et aux récits de voyage.
Ces récits se multiplient au cours du siècle (1). Les populations non européennes sont de plus en plus fréquemment présentes dans la littérature, ce qui contribue à élargir l’univers mental des Européens. Cependant, même si les arguments abolitionnistes touchent de plus en plus l’opinion publique pendant les 20 dernières années de l’Ancien Régime, le débat sur l’esclavage n’apparaît pas comme urgent et n’est pas au premier plan des préoccupations des contemporains. Avec les bouleversements occasionnés par la Révolution Française à partir de 1789, cette tendance ira en s’accentuant.

  • Les philosophes face à la traite

Ce n’est qu’à partir des années 1760/70 que l’on voit se multiplier les ouvrages et les prises de position sur le problème de la traite ou de l’esclavage colonial. Dans L’Esprit des lois de Montesquieu (1748), le principe même de l’esclavage est remis en question de manière décisive. Pour lui, l’esclavage est « contraire au principe fondamental de toutes sociétés ».

La position du courant des « Lumières » est contradictoire vis-à-vis de la question de l’esclavage. D’un côté, les Lumières proclament l’égalité naturelle des hommes entre eux, ce qui amène bon nombre de penseurs à s’engager contre l’esclavage. Mais d’un autre côté, les Lumières prônent aussi le respect de la propriété privée et le développement du commerce, ce qui a pour conséquence de rejeter l’idée de mesures trop radicales, qui risqueraient de ruiner les planteurs et l’économie coloniale en générale.
Dans l’Encyclopédie (1751 – 72) sont exprimés des avis divergents : si Jaucourt condamne violement le principe de la traite (articles « traite des nègres », « esclavage »), D’Alembert parle de l’esclavage comme d’une fatalité climatique (article « analyse de l’esprit des lois »).

D’une manière générale, jusqu’aux années 1770, le problème de l’esclavage et surtout de la traite provoquent une certaine gêne. Après 1770, les prises de position contre l’esclavage et la traite se multiplient : c’est le cas de Diderot, Saint-Lambert, Bernardin de Saint-Pierre, Mirabeau, Condorcet, Brissot. De plus, certains ouvrages qui ne font pas directement allusion à l’esclavage, ont une portée philosophie que et morale en développant des thèmes généraux comme le droit ou la liberté.

Dans le Contrat social (1762), Rousseau affirme que « ces mots, esclavage et droit, sont contradictoires : ils s’excluent mutuellement ». Dans Candide (1759), Voltaire s’indigne contre les mauvais traitements dont sont victimes les Noirs. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, de plus en plus de membres de l’élite intellectuelle et politique sont gagnés aux thèses abolitionnistes.

B] La Société des Amis des Noirs : le premier mouvement abolitionniste français

C] Une lutte d’arguments : pour ou contre l’esclavage

D] Les premières abolitions


Notes :

(1) Histoire générale des voyages de l’abbé Prévost, Voyages à l’île de France de Bernardin de Saint Pierre.

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