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Giraudoux, "Electre", Acte I, scène 8, analyse

« Tout ce qui est de cette naissance (…) c’est cette haine qui me tue ».

jeudi 16 avril 2020, par Corinne Godmer impression

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Pendant cette période de confinement, en particulier pour les élèves de lycée, nous avons décidé de publier à un rythme plus soutenu plusieurs analyses de texte.


Qui parle ?

Double énonciation puisque représentation théâtrale. La voix de la pièce, la voix du dramaturge auxquelles s’ajoutent la réécriture et la voix du texte d’origine. Double niveau à étudier. Date de la pièce à prendre en compte : 1937.
Registres diffèrent. Burlesque par moment, G. réécrit la tragédie. Réécrire, c’est aussi se confronter aux autres dramaturges, apporter sa touche personnelle et son message personnel. Marques de l’auteur dans les anachronismes, l’humour, les modifications par rapport à l’histoire originale. Ici, dans l’extrait, registre tragique
Qui parle dans l’extrait ? Électre, plus le dramaturge.

À qui ? Prendre en compte le spectateur de l’époque et le spectateur par la suite, le moderne. Dans l’extrait, au personnage qui fait face à Électre et au spectateur (par extension, au lecteur, de l’époque, à venir).

Comment ? Lyrisme du passage par métaphores, rythmes et sonorités. Émotions personnelles.

De quoi ? De la haine d’Électre. L’histoire est connue des spectateurs, les émotions analysées le seront peut-être différemment des autres réécritures.

Pourquoi ? Pour donner sa vision de l’histoire d’Électre, imprimer sa mise en scène et son interprétation. Donner aussi à cet extrait une dimension humaine (la haine) dans un registre tragique (impossible d’y échapper).

Problématique
Comment le mythe universel s’incline-t-il vers le personnel ? Ou comment la réécriture de G. permet-elle d’appuyer sur le sentiment du tragique ?
Problématique doit permettre le plus de parties possibles qui toutes y renvoient. Le meilleur plan est celui qui permet de balayer plusieurs fois le texte, quitte à revenir sur un extrait pour le réétudier en profondeur.

Introduction

Électre, pièce mise en scène par Giraudoux en 1937, innove par son audace. Tragédie entrecoupée de moments burlesques, la réécriture s’oriente en effet vers une modernité qui tient compte, aussi, du monde extérieur dans sa brutalité. Réécriture donc, mais également apport de soi pour le dramaturge qui impose sa vision, son sens de la représentation et de l’interprétation. Dans l’acte I, scène 8, un dialogue entre Oreste et sa sœur Électre, personnage éponyme de la pièce, nous invite ainsi à une accentuation des profondeurs psychologiques, entre manifestations inconscientes et démonstrations en scène, mises en jeu au regard du passé. Comment, dès lors, le mythe parvient-il à s’incliner vers le personnel ? L’intérêt porté à une introspection de la haine pourrait être posé comme premier axe d’étude, pour laisser place, ensuite, à une typologie de la passion dans sa composante tragique.

I) Le rôle d’Oreste

Oreste : sa disparition et son retour provoquent les évènements. Joue le rôle de catalyseur.
- Il est le moteur (par sa disparition) et l’artisan (celui qui doit venger). Il ne comprend pas son rôle à cet instant ou refuse de le comprendre : « Je suis là. Elle va cesser. » (92). Son intervention est ensuite apaisante, « calme-toi », par deux fois (110, 112) et tente de s’appuyer sur les sentiments « sœur chérie ! » (110).

- Oreste tente d’apaiser sa sœur, par la parole, en lui laissant le droit à l’introspection et donc à la formulation de sa haine, peut-être pour la mettre en paroles plutôt en acte. Il est celui qui pose les questions et s’interroge, interroge : « Pourquoi détestes-tu les femmes à ce point ? » (68), demande des précisions « Mais pourquoi les hais-tu ? » (72). En se posant en personnage à la fois extérieur (il vient d’arriver) et intérieur (il est de la famille), il est celui qui permet et délivre la parole. Il est certainement le seul à pouvoir provoquer cette parole puisqu’aimé, il détient un pouvoir sur Électre.
Transition  : L’effort d’introspection provoqué par les questions d’Oreste oblige Électre à puiser au fond d’elle-même des explications rationnelles et émotives. Le rôle d’Oreste rappelle celui de l’analyste qui laisse l’analysant décrire puis décrypter ses pensées, ses symptômes. Et nous livre ici une analyse de la haine dont nous parvenons peu à peu à saisir la nature.

II) La haine d’Électre

Petite introduction Cette haine est entendue dès le début de la pièce. Pourtant ici, elle atteint son paroxysme, libérée par la parole.

1) Effort d’introspection

- Martelée par les répétitions, elle est scandée pour le spectateur et permet aussi de revenir sur le mot, de l’analyser encore, de permettre à Électre de se livrer à un effort d’introspection.
- Sa parole se manifeste tout d’abord par sa difficulté à définir sa haine, « je ne le sais pas encore » (v. 73), puis de revenir sur son origine « j’essayais de croire » (v 78). Enfin, de laisser cette haine s’exprimer. Notons l’expression « Mon mal » (v 97) qui renvoie à un terme médical, moral, et s’adjoint d’un déterminant possessif comme pour en revendiquer la propriété.
- Pour son frère, Électre est tenue à cette introspection. L’amour qu’elle lui porte l’incite à être honnête, jusque dans ses incompréhensions.

2) Nature de la haine

- Cette haine et sa tentative de définition occupe le plus de place dans le dialogue, presque un monologue. Lyrisme du passage entre rythme, métaphores et sonorités. La haine devient personnification « Et toute cette haine que j’ai en moi, elle te rit, elle t’accueille, elle est mon amour pour toi » (v 98-99). Métaphore filée qui suit le champ lexical de la chasse : « Elle te lèche comme le chien la main qui va le découpler. Je sens que tu m’as donné la vue, l’odorat de la haine. La première trace, et maintenant je prends la piste… » (v 99-102). La haine d’Électre est ici instinctive, comme la trace du sang pour l’animal, comme les odeurs en traces olfactives pour l’être humain.

- Sa haine est cependant complexe, haine distincte / haine commune se distinguant. La haine distincte est marquée par la nomination, « Ce n’est pas que je déteste les femmes, c’est que je déteste ma mère. Et ce n’est pas que je déteste les hommes, c’est que je déteste Égisthe » (v. 69-71). La haine commune englobe le duo, la situation : « Tous les motifs que je trouvais de les haïr » (v 85), « Je les hais » (v 90).

- Cette haine est particulière enfin, dirigée contre la mère et ce qu’elle représente : « Tout ce qui est de cette naissance du côté de ma mère, je le hais » (v 67-68). C’est ici la lignée, la naissance, la femme qui sont visées. C’est une haine d’origine, dans le double sens du terme : haine qui parcourt la généalogie et haine de l’origine, de la naissance. L’origine est à rechercher aussi dans l’histoire familiale et la punition des dieux : « Je les hais d’une haine qui n’est pas à moi » (v 90-91).
Résumé et transition Nous assistons à une mise en scène du sentiment grâce à l’effort d’introspection qui tente de cerner et de définir. Mais cette haine, complexe, distincte et commune, prend également sens comme passion tragique.

III) Électre une passion tragique

Petite introduction : La passion ressort du champ sémantique de la souffrance : la première « passion » est celle du Christ, sa souffrance, sur le chemin qui le menait au Golgotha [emprunt au latin passio,-nis, dérivé du verbe déponent pati, « souffrir », passio traduisant le grec pathos, de même sens et dont la première attestation littéraire se trouve dans Apulée (II è s après J.C.) au sens de « fait de subir, de souffrir, d’éprouver », désignant alors une souffrance physique. Le sens de « mouvement de l’âme, affection », naît lui à la fin du IIIe siècle, sa première attestation en Ancien Français datant de 980]. Pour Électre, cette passion s’apparente bien à la souffrance, elle renvoie au tragique, à la progression inexorable des évènements vers une évolution peu équivoque. Si le thème de la pièce, et sa fin, sont connues, cette scène permet cependant de creuser au plus profond de cette haine, d’en dérouler, aussi, les fils de la naissance.

1) Un être paradoxal

- Électre ne sait plus d’où vient sa haine et comment la combattre. Elle la lie tout d’abord à la disparition d’Oreste, « J’essayais de croire que je haïssais ma mère parce qu’elle t’avait laissé tomber enfant, Égisthe parce qu’il te dérobait ton trône. C’était faux. » (v 78-80), « Je pensais que mon mal venait de ce que tu étais loin. » (v 95). Notons l’usage de l’imparfait, de la tentative de se persuader elle-même « J’essayais de croire » puis la lucidité « C’était faux ». Elle évoque ensuite sa présence comme remède « Autrefois je pensais que ton retour me libérerait de cette haine. » (v 94) et même constat « J’avais tort. » (v 97), où les deux dénégations constats sont exprimées en une phrase brève.

- Ses sentiments se mélangent, se partagent entre haine et pitié. Sa pitié pour sa mère, « j’avais pitié de cette grande reine, qui dominait le monde, et soudain, terrifiée, humble, échappait un enfant comme une aïeule hémiplégique. » (V 80- 83) utilise cependant une comparaison peu flatteuse « aïeule hémiplégique », qui renverse le début du vers plus cérémonial « grande reine, qui dominait le monde ». Elle renvoie ici la reine à son statut de femme. Elle indique aussi des sentiments « terrifiée, humble », qui ramène la reine au niveau des mortels, de ses sujets. Même constat pour Égisthe « J’avais pitié de cet Égisthe, cruel, tyran, et dont le destin était de mourir un jour
misérablement sous tes coups… » (v 83-85). L’apport de deux qualificatifs dépréciatifs
« cruel, tyran », joue autour de la pitié, l’explique, et en même temps, l’amoindrit. Notons qu’elle appuie aussi sa pitié sur des évènements qu’elle anticipe « dont le destin était de mourir misérablement sous tes coups » et dont elle semble avoir réglé les moindres détails. Le choix de l’adverbe « misérablement », au sens premier du terme « misérable », c’est-à-dire emprunté au lat. miserabilis « touchant, triste, déplorable », dérivé de miserari « avoir compassion, pitié de », se justifie, tout comme la qualification de « destin », donc un avenir déterminé à l’avance.

- Oscillant entre la haine et la pitié, elle peut également envisager une autre voie avec le retour Oreste : « Je me préparais pour ta venue à ne plus être qu’un bloc de tendresse, de tendresse pour tous, de tendresse pour eux. (v 95-97). Mais cette métaphore d’affection joue également sur les mots, un « bloc » n’étant pas de bois tendre mais de pierre, ou de glace, indestructible et figé pour les siècles. Notons également qu’elle désigne sa mère et Égisthe par un pronom personnel « eux », ou par l’adjectif « tous », le groupe dans sa globalité et sans détermination ni nomination.
Transition Cette haine, portée en fardeau, se pose sur les autres dont elle redéfinit la place et le rôle. C’est aussi une haine née de la situation, du destin.

2) Électre, une héroïne tragique

- Électre, par sa naissance, est en proie à un destin qui lui échappe. Nous retrouvons dans l’histoire d’Électre la définition même de la tragédie : des personnages de rang noble sont impuissants face aux forces supérieures (des dieux le plus souvent) qui les manipulent. L’enchaînement des événements et le dénouement nécessairement dramatique relèvent d’une fatalité implacable, qui peut sembler injuste, inique et bien au-delà de l’endurance humaine.
La tragédie touche le public par la terreur et la pitié qu’elle fait naître. Pour Aristote, la tragédie a une vocation didactique, c’est-à-dire qu’elle vise à enseigner une vérité morale ou métaphysique au public. Elle permet aussi la « purgation » des passions : la catharsis, grâce à laquelle l’âme du spectateur est purifiée de ses passions excessives. Reste aussi l’idée du fatum, du destin.

- Venue du passé, la fatalité accompagne Électre jusque sur le présent de la scène par l’utilisation du présent de description : « Je sais seulement que c’est la même haine » (v 73) : haine née du passé mais actualisée par l’emploi du temps et l’acuité des sentiments d’Électre.

- En remarquant, « Je les hais d’une haine qui n’est pas la mienne » (v 90-91), Électre décrit une généalogie de la haine, poussée par les dieux, transmise en héritage et qui, d’Électre, passera par le bras d’Oreste.

Résumé et petite conclusion du 2) Électre est celle qui, sous le poids de la destinée et de la tragédie, au sens scénique comme au sens premier, pousse l’autre à agir. Oreste constitue cet autre qui ne peut être un autre puisqu’il est arme de destruction dans les mains d’Électre, instrumentalisé.
Pré-conclusion du III), juste avant la conclusion finale. Électre, héroïne d’une passion tragique, se représente aussi en être paradoxal, qui utilise une haine qu’elle peine à définir pour accomplir ce qu’elle sait être son destin.

Conclusion

Description d’une haine complexe. Par la haine, donne à lire le personnage mais aussi, à travers elle, le sens de la pièce, le sens antique, le sens actuel (la haine est un sentiment qui traverse les siècles) comme le spectateur. Visée cathartique toujours actuelle.
Lie la haine, le sentiment, à l’histoire et à la tragédie. La tragédie reste celle de la pièce, du personnage, de l’emprisonnement dans une histoire ou de l’Histoire ? Reste à définir de quelle histoire il est question, entremêlement de l’antique et de ce contemporain.


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