Accueil > Art et culture > Dissertation littérature / dissertation (...)

Dissertation littérature / dissertation poésie

Lien dissertation poésie/dissertation littérature

dimanche 3 mai 2020, par Corinne Godmer impression

Mots-clefs :: #ALaMaison ::


Dissertation
La littérature a-t-elle pour mission de défendre des causes ?
Reformulation : quel est son rôle plutôt que sa "mission" ?
Analyse des termes un par un
Mission : implique l’idée d’un devoir, en est-ce un ?
Défendre des causes : juste défendre ? et quelles causes ? elle peut aussi défendre des convictions

I) La littérature peut s’engager pour défendre des causes
- La poésie engagée
Elle utilise les vers pour appeler au combat, par exemple contre l’occupation allemande avec Éluard (« Liberté »). Elle peut aussi s’élever contre le pouvoir comme l’a fait Victor Hugo (« Napoléon le petit » dans Les Châtiments).
Elle alerte également l’opinion sur des combats à mener. Aragon, sous le pseudonyme de « François la Colère », publie clandestinement au début d’octobre 1943 ces vers : « Auschwitz ! Auschwitz ! Ô syllabes sanglantes !/Ici l’on vit, ici l’on meurt à petit feu. /On appelle cela l’exécution lente. /Une part de nos cœurs y périt peu à peu. »

- le registre argumentatif, variété des registres associés
Exemple de l’apologue. Il permet, par un registre argumentatif et sous une double lecture, de délivrer une morale. La Fontaine, par exemple, met en scène des animaux pour ridiculiser le pouvoir et dénoncer les comportements. La chute des fables comporte une morale, c’est-à-dire que le genre permet de juger et d’instruire ses contemporains. La tournure particulière des fables permet également de contourner la censure.
Montesquieu, dans De l’esclavage des nègres et dans un registre ironique, permet à ses contemporains de réfléchir puis de remettre en cause les préceptes d’alors quant à l’esclavage.
Voltaire, dans Candide, délivre une leçon morale également. La dénonciation des comportements par trop spontanés passe par l’humour mis au service de la réflexion ; celle-ci représente un engagement pour défendre des causes : la dénonciation de l’esclavage à nouveau ou celle de l’Inquisition.

- Le mode allusif moderne
Le théâtre également peut prendre fait et cause pour une idée. Anouilh, en livrant en pleine occupation allemande une réécriture d’Antigone, l’incline dans une réflexion au regard de l’obéissance. La même symbolique se retrouve avec La Peste, de Camus, qui, par un long travail de narration, engage le sens d’une vie et d’un combat.
La littérature, si elle peut s’engager clairement dans un combat, nous montre surtout la voie d’une certaine réflexion, d’un regard sur le monde qui lui est particulier.

II) Mais pas seulement
Ce regard sur le monde naît de son extrême attention, de sa sensibilité particulière également, comme de sa propension à maîtriser le langage.

- La littérature ainsi attire l’attention, illustre ou bouscule. Georges Perec, avec La Disparition, signe un roman curieux où la lettre « e » est rigoureusement absente. Salué par ses pairs pour ce tour de force grammatical, ce livre recèle en fait une autre trame longtemps cachée par l’auteur : il s’agissait pour lui de signer dans le livre la disparition effective de ses parents, déportés. Ou comment continuer à écrire sans.

- La littérature provoque ou attise les sentiments également. Le poème ainsi utilise des tournures particulières, il modifie le langage et donc la perception. Le jeu des métaphores, par exemple, permet à l’imagination de poser sur l’image des idées personnelles, différentes entre chaque lecteur. La poésie ouvre l’imagination, suggère au-delà de la pensée logique mais participe aussi au rêve. Baudelaire, dans Un hémisphère dans une chevelure prend appui sur la chevelure comme médium du rêve, du voyage ou du souvenir.

- Cette même poésie renvoie à des circonstances douloureuses ou exceptionnelles où elle prend alors force de vie ou de mémoire.

• Jorge Semprun raconte, dans L’écriture ou la vie, que pour accompagner son ancien professeur en train de mourir et ne sachant que dire, il a récité un poème de Baudelaire, Le voyage, en guise de Kaddish. À un autre prisonnier, dans les mêmes circonstances, ce sera un poème de Vallejo. Il souligne que cette mémoire poétique était aussi celle de la fraternité, un moyen pour les prisonniers de se comprendre. Les camps étaient pourvus de bibliothèques, lorsque celles-ci étaient fermées, les prisonniers se récitaient des poèmes.

• Primo Levi, dans Si c’était un homme, parle d’une rencontre avec un homme qui, devant son souhait d’apprendre l’italien, lui récite et lui traduit l’Enfer de Dante. L’auteur parle d’une « grande émotion » et comprend là le pouvoir de la poésie qui lui permet d’oublier « qui [il est] et où [il est] ».

• Enfin Paul Celan, poète juif de langue allemande, et dont les parents sont morts dans les camps, a effectué un long travail de mémoire. En opposant la poésie, la parole, face au silence des morts. En acceptant de continuer la poésie après Auschwitz. En utilisant ensuite la langue allemande sur laquelle il a greffé des éléments de la culture juive, pour, en quelque sorte, judaïser la langue qui a prononcé les mots de l’anéantissement. La mémoire des hommes morts dans les camps étant effacée puisque ces hommes sont demeurés sans sépultures, le poème entame en quelque sorte une revanche en insérant le yiddish dans la langue et en y inscrivant leur trace mémorielle.
La littérature, ici la poésie, permet donc à des hommes en situation de détresse, de manque, de s’accrocher à un sens qui ressemble à la vie. Elle est parfois ce qui maintient en vie ou permet de se considérer comme encore un peu vivant.

- tournée vers le futur, la transmission, la littérature enfin instruit les plus jeunes, développe leur sensibilité qu’elle accompagne. La littérature pour la jeunesse ainsi, offre à travers des groupes de presse puissants (L’école des Loisirs) de nombreux ouvrages qui sont parfois tournés spécifiquement vers l’accompagnement de l’enfant, ses découvertes d’homme en devenir, parfois destinés à développer ses connaissances sur un mode plus ludiques.

La littérature s’investit ainsi dans le monde mais ne se contente pas de défendre des causes. Elle est également ce qui provoque, des sentiments, des émotions, de poétique ou d’écriture.


© Tous les textes et documents disponibles sur ce site, sont, sauf mention contraire, protégés par une licence Creative Common (diffusion et reproduction libres avec l'obligation de citer l'auteur original et l'interdiction de toute modification et de toute utilisation commerciale sans autorisation préalable).

carre_trans Avec les mêmes mots-clefs
puce Dissertation théâtre
puce Dissertation argumentation, éléments de corrigé
puce Questions registre épique
puce Plan type au brouillon
puce Radiguet, "Le diable au corps", La Rencontre, analyse
puce Radiguet, "Le diable au corps", L’autoportrait, analyse
puce Radiguet, "Le diable au corps", « l’île d’amour », analyse II
puce Radiguet, "Le diable au corps", lecture analytique, « l’île d’amour »
puce Dissertation poésie / dissertation littérature
puce Sujet de bac, pistes d’analyse
puce Les enjeux de l’incipit, questions
puce Molière, L’École des femmes, Acte I, scène 2, du début à « pour vous »
puce "Candide", Voltaire, chapitre 19, Plan de commentaire
puce "Candide", Voltaire, Chapitre premier, extrait et commentaire
Equipe Eclairement L'association
La lettre S'abonner
Facebook Twitter
Windows Mobile   Techniques   Bases de données   Tutoriels   HTML   Manga   Spectacle   Windows   Culture générale   BD   sport   Cours   Firefox   Anime   Métier   Pages Ouvertes   Théâtre   Droit   Vie privée   Tutoriels pour débutant   Microsoft Office   Education   Android   #ALaMaison   Installation   Windows 7   Photographie   Musique   Histoire   Séries TV   Windows Vista   Edito   Europe   Recherche d’information bibliographique   Urbanisme   Fable   Poésie   Société   Littérature   Linux   arts visuels   Roman   Peinture   Cinéma  
Eclairement © 1998 - 2019
Mentions légales - Contact - Partenaires