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Montesquieu, "De l’esclavage des nègres", Plan détaillé

mercredi 15 avril 2020, par Corinne Godmer impression

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Pendant cette période de confinement, en particulier pour les élèves de lycée, nous avons décidé de publier à un rythme plus soutenu plusieurs analyses de texte.

Ci-dessous, une proposition de plan détaillé. Pour le texte lui-même, c’est sur cette page et pour une analyse linéaire, c’est cette page

Bonne lecture et bon travail.


"De l’esclavage des nègres", Montesquieu
Étymologie latine du mot « noir », niger

Introduction

Présentation : Donner à réfléchir, dans la ligne droite du Siècle des Lumières et dans une volonté scientifique, d’éducation également.
Problématique : Comment Montesquieu parvient-il à construire une argumentation solide qui diffère de celles habituellement employées ?
Plan : Arguments des esclavagistes sont repris. Pas de confrontation directe mais une rigoureuse élaboration, qui n’exclut pas une certaine violence.

I) L’argumentation par l’absurde

Montesquieu ne présente pas dans cet essai une justification classique, argument par argument, qui ferait appel à la raison de l’homme. Il utilise plutôt une argumentation détournée qui vise à l’efficacité en changeant ses modes d’apparition.

1) Un raisonnement détourné
-  Chaque raisonnement des esclavagistes est posé. Ex : Dès la première phrase, Montesquieu indique qu’il donnera ces arguments « voici ».
Mais de petits indices permettent de douter rapidement de l’adhésion de Montesquieu à ces propos. Ex : En effet, cette première phrase, par l’introduction d’une hypothèse « si », marque que l’auteur, s’il s’apprête à lister des arguments, n’y souscrit pas.

-  Les justifications esclavagistes, pourtant en apparence défendues, sont dès lors tournées en ridicule. Ce sont ainsi des affirmations arbitraires, des préjugés, des arguments fallacieux qui se succèdent et conduisent à une dénonciation de ces propos esclavagistes. Ex : « Une preuve que les nègres n’ont pas le sens commun, c’est qu’ils font plus de cas d’un collier de verre que de l’or, qui chez des nations policées, est d’une si grande conséquence ». Les esclaves étaient attirés par les esclavagistes avec des colliers de verre. Ici, les esclavagistes et les esclaves sont mis sur le même plan : si les esclaves sont attirés par les colliers, les esclavagistes le sont par l’or. La phrase indique la relative valeur de l’or aussi.

-  L’argumentation est cependant indirecte puisque l’auteur n’affronte pas les thèses des esclavagistes en s’y opposant mais les reprend pour mieux les dénoncer. La plupart des phrases débutent ainsi par des structures injonctives « on peut », « il est si naturel », « il est impossible » « ils ont dû », mais la tournure même de ces phrases sous-entend aussi un possible contraire : « on peut » faire ceci impliquant que l’on peut également faire l’inverse. L’argumentation s’appuie de plus sur l’antiphrase que démontre la suite des propositions. Ex : « Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres ».
Aucun lien logique de cause à effet n’est effectif entre le fait de posséder des terres et l’obligation de rendre les hommes esclaves (les travailleurs existent). Le groupe verbal « s’en servir » indique une prise de position, il marque le fait qu’il s’agit de « se servir », d’utiliser des hommes comme on le ferait d’outils. Cet argument est malicieux puisque le rappel historique « ayant exterminé ceux de l’Amérique » est doublement tendancieux : d’une, les Européens s’octroient droit de vie, de mort ou d’esclavage sur les autres peuples, de deux, ce serait de leur fait et de leur faute.

Cette reprise critique indirecte de l’auteur permet ainsi, par jeu d’antiphrases et d’ironie, de pointer les lacunes de l’argumentation de ses adversaires et, ainsi, de leur dénier une valeur quelconque. Le déroulement de cette contre-argumentation n’est cependant pas toujours linéaire et amusée.

2) La violence en actes et en pensée
L’auteur ne se contente en effet pas de tourner en ridicule ces justifications esclavagistes.

-  En les rappelant, et en accentuant leur violence, il pointe la propre violence de l’acte. Ex : « Il est si naturel de penser que c’est la couleur qui constitue l’essence de l’humanité, que les peuples d’Asie, qui font des eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu’ils ont avec nous d’une manière plus marquée ».
Cet argument culturel s’appuie sur le fait que d’autres peuples, comme les peuples d’Asie, ont déjà accepté la différence entre races. Mais il ne s’agit pas ici uniquement de couleurs de peaux puisque l’argument renvoie aux eunuques, pas aux esclaves mêmes. Le parallèle est violent, puisqu’il associe l’esclave et l’eunuque. La violence de l’acte de castration peut ainsi faire réaliser la violence de l’esclavage. Il est possible aussi de se demander ce que signifie l’expression « de manière plus marquée » : est-ce à dire que l’esclavage est pratiqué de façon encore plus nette que la castration ? Rappelons toutefois que les eunuques, dans l’empire byzantin, avaient des fonctions officielles importantes ce qui n’était pas le cas des esclaves, rendant l’association plus violente encore. L’esclavage est ici plus marqué et d’un niveau plus bas que la violence extrême faite à l’homme qui conserve pourtant un statut social. En s’appuyant sur des exemples qui, par leur violence et leur précision, peuvent éclairer ses contemporains, Montesquieu donne ainsi des points de comparaison.

-  Il ne s’agit en effet plus de raisonner mais également d’éduquer ses concitoyens en leur montrant les conséquences. Au-delà de l’absence de justification apparaissent les actes. Ex : « On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, était d’une si grande conséquence, qu’ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains ».
Sous la marque de l’ironie, l’argument est fallacieux. Il renvoie de fait à un autre argument historique, les Égyptiens, mais comporte une petite moquerie puisque ces derniers n’étaient pas connus pour être les « meilleurs philosophes du monde » mais bien plutôt pour pratiquer l’esclavage. En leur attribuant ce titre ironique et en l’explicitant par un exemple surprenant, les hommes « roux » mis à mort, l’argumentation pointe ce qu’il y a d’illogique dans la démarche de l’esclavage. L’expression « tous (…) ce qui leur tombaient entre les mains » désigne également ce que cette pratique a d’arbitraire. Elle n’est pas inspirée par une réflexion philosophique justement mais désordonnée, impulsive et sans fondement. L’ironie mise au service de l’éducation se double cependant d’une remarque intéressante. Ce n’est pas tant la couleur des cheveux qui apparaît « d’une si grande conséquence », mais bien les réactions disproportionnées puisqu’elles conduisent à la mort. En attribuant à l’un, les esclavagistes (ou ici, les Égyptiens), ce qui, c’est-à-dire les conséquences, en fait s’appliquent à l’autre, les victimes (ou ici, les hommes roux), l’auteur rappelle les conséquences funestes d’une argumentation. Que ce soit des hommes roux ou des hommes noirs, à partir d’un lien de cause à effet non prouvé et non scientifique, l’acte qui en découle est une mise à mort et il ne s’agit alors plus d’un système de réflexion.

Montesquieu s’emploie donc à parsemer son texte d’une argumentation parfois violente dans ses exemples ou ses parallèles, parce qu’il s’agit aussi de choquer, de heurter des esprits peut-être peu enclins à se questionner. L’auteur nous démontre aussi qu’éduquer et convaincre sont proches dans leur progression puisque celle-ci passe autant par l’assimilation, le retour à soi des exemples, que par la démonstration des conséquences.

3) Un parallèle de valeurs
-  Montesquieu, enfin, parvient habilement à faire un parallèle entre les valeurs occidentales et ce qu’elles deviennent face aux intérêts personnels. La pratique religieuse, ainsi, est mise en mal lorsqu’elle affronte la réalité.
Ex : « Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes, parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens ».
Fait allusion au fait que la religion enseigne que les hommes sont égaux. Rappelle ici les valeurs chrétiennes et le paradoxe des esclavagistes. « Il est impossible », montre aussi les limites du raisonnement lorsque la réflexion dessert les intérêts : ce n’est pas impossible, mais cela remet en cause des pratiques. « nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens », grave accusation Il dénonce ici les incohérences de ses concitoyens.

-  Ces valeurs sont aussi désignées comme nourries par des arguments cachés, tel l’argument économique. Lorsque le sentiment esclavagiste estime ainsi que « Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves », il se trouve en décalage avec la portée de l’acte. Montre aussi qu’il ne s’agit que d’argent et pas de sentiment humain. Signifie aussi à la conscience de l’homme ce qu’il conviendrait de faire puisqu’il ne s’agit que d’argent.
Le fait que ce soit du sucre rabaisse aussi l’argument économique, le sucre n’étant pas une denrée nécessaire et vitale. Il ne s’agit que de gourmandise. Et cette gourmandise est mise en balancement avec l’esclavage.
Ces arguments ne s’intéressent finalement pas à l’humain, aux sentiments humains. Ce sont des arguments arbitraires qui sont dénoncés comme tels parce qu’ils ignorent finalement l’essentiel : l’individu. Or, à l’inverse d’une société qui décide sans tenir compte de l’autre, Montesquieu construit aussi son argumentation sur l’écoute.

II) entendre la voix de l’autre

Pour proposer cette série d’arguments ensuite détournés, l’auteur se met en effet doublement à l’écoute des autres.

1) Celle des esclavagistes
-  Il est également celui qui écoute les arguments esclavagistes. En les rappelant, il démontre en effet qu’il a pris le temps d’entendre, sans pour autant adhérer.

-  À la manière d’une argumentation solide, il pose une thèse pour la réfuter ensuite. Cette volonté d’écouter jusqu’aux arguments contraires à ses opinions démontre sa volonté de suivre un raisonnement rigoureux (postulat + preuve, ou pour suivre le schéma de la dialectique, thèse + antithèse).
Il nous présente ainsi quel est le socle nécessaire de toute argumentation : écouter, reformuler pour réfuter ou adhérer. Finalement, il évolue dans un monde qui ignore autant l’humain que la rigueur scientifique ou de raisonnement.
Ex : « Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé, qu’il est presque impossible de les plaindre ».
Argument physique qui n’est pas étayé scientifiquement et qui sous-entend un modèle européen de référence. On ne voit pas non plus la pertinence à juger une personne sur l’aspect de son nez, ni même si cette apparence existe réellement. La précision « des pieds jusqu’à la tête », inutile, joue sur le ridicule de ce jugement.
Fonctionne sur le cliché et en insistant dessus, le montre et le dénonce.

2) Celle des esclaves
-  Cette attention à l’autre se traduit également par celle portée à l’esclave. Rappelons que le texte de Montesquieu date de 1748 et que l’esclavage ne sera aboli qu’en 1848. Il s’oppose donc à un monde qui nie l’humain tandis que lui s’emploie à le réhabiliter comme tel.
Ex : La mention de la peau, des cheveux, des convoitises (les bracelets) sont autant des marques d’identité que de civilisation.
-  Au-delà même du sort réservé à l’esclave, il le replace aussi dans sa condition d’être humain.
Ex : dire « Africains » et non « nègre », rappelle leur origine, le fait qu’ils viennent d’un pays précis

3) Celle de l’auteur
-  Sous l’ironie et par la rigueur de sa démonstration, il fait enfin entendre sa propre voix, comme celle des esprits éclairés.
« On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir ».
Dieu n’est pas un « être » et ne peut être qualifié de « très sage » comme on le dirait d’un petit enfant. C’est une entité à laquelle les hommes sont soumis. La structure de la phrase indique de même la moquerie, « une âme », « surtout une âme bonne », gradation dans les propos, opposée à « un corps tout noir » expression qui semble imiter des propos enfantins. Rappelons que la religion n’implique pas de différences entre les hommes, ce sont ces derniers qui se réclamant de dieu, posent pourtant ces discriminations.

-  Il entend ici montrer ce que devrait être l’esprit et la conduite d’une « nation policée » : « droit ». Sa charge contre les princes est explicite quant à la complaisance des autorités, la responsabilité d’une nation toute entière. Notons que par le choix de l’ironie, il prend le risque de ne pas être compris mais se protège aussi contre la censure.
Pour traduire son sentiment, Montesquieu s’emploie donc à reprendre les arguments de l’autre. Il est ainsi celui qui écoute l’esclavagiste pour entendre l’esclave et lui donner une parole indirecte autant qu’un temps de parole.

Conclusion

En utilisant l’ironie, l’humour, l’exagération, Montesquieu renforce l’argumentation et touche à toutes les sensibilités. Il livre ici une leçon qui dépasse le cadre rigoureux de sa structure pour se tourner vers l’homme esclave, rétabli dans sa dignité et dans sa qualité d’homme. Au-delà de son intérêt immédiat de construction rhétorique, ce texte sonne aussi comme une mise en garde : l’auteur y démontre autant les incohérences que les conséquences de l’esclavage. Il porte, dans ses lignes, une réflexion sur la responsabilité et propose un modèle de nation civilisée.


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