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21 Nights / Indigo Nights : Qui veut passer 21 nuits avec Prince ?

jeudi 2 octobre 2008, par Anne-Renée Castex, Jamie Nevermind impression

Mots-clefs :: Musique ::

Le nouvel album de Prince est né et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est un beau bébé.

Il pèse deux kilos et mesure 35 centimètres. Le papa et l’enfant se portent tellement bien que la première édition est déjà épuisée sur la majorité des sites de vente en ligne.

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Les temps changent et l’artiste anciennement connu sous le nom de O(+>, auteur de Purple Rain et Kiss aime avoir un train d’avance.
Pionnier de la lutte des artistes contres les majors de l’industrie musicale au milieu des années quatre-vingt-dix et précurseur de la diffusion libre de la musique sur le net il y a près de dix ans, il avait déjà offert Musicology en 2004 à chaque personne assistant à ses concerts puis fait les gros titres en 2007 en donnant gratuitement son dernier album studio en date, Planet Earth, avec un hebdomadaire britannique.

Constamment à la recherche d’un nouveau moyen de distribuer sa musique en passant au dessus des maisons de disques « esclavagistes », Prince décide encore une fois aujourd’hui d’utiliser un circuit de distribution nouveau : celui de l’édition.

Partant du constat qu’un disque seul ne se vend plus et est piratable aisément, il a imaginé un projet d’un genre nouveau : son nouveau disque live est inclus dans un beau livre de 272 pages réalisé en collaboration avec la célèbre photographe Randee St Nicholas.

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Ce livre, commémoration de la série de vingt-et-un concerts donnés par l’artiste entre aout et septembre 2007 à Londres, est destiné essentiellement aux fans de l’artiste.
Il y est photographié sous toutes les coutures, dans des poses plus ou moins naturelles, dans l’intimité de sa chambre d’hôtel ou de sa loge, parfois en compagnie des membres de son groupe (The NPG), de ses danseuses jumelles (les Twinz) ainsi que des femmes de son entourage (amies, R.P, etc.).

Tout les protagonistes portent des vêtements de designer pour traîner à l’hôtel ou dans les coulisses de la salle de concert et Prince, malgré ses 50 ans, affiche un visage sans ride (merci la maquilleuse et/ou photoshop) et une ligne impeccable.

Les décors sont pleins de dorures et les modèles aussi mais, malgré tout, l’ensemble est curieusement de bon goût. Cela a de quoi surprendre quand on est habitué à l’iconographie habituelle de cet artiste, remplie de poses empruntées et de pochettes d’albums immondes.

Le livre recueille également quelques poèmes écrits par l’artiste ainsi que des paroles de chansons qui viennent « illustrer les photos ».
Ces dernières sont globalement réussies. Les cadrages et le travail sur les lumières sont très intéressants et il se dégage de l’ensemble une sorte de naturel très étonnant compte tenu du contexte.

Aussi improbable que cela puisse nous paraître à nous, pauvres mortels, tous les témoignages concordent : il semblerait qu’être dans l’entourage de Prince consiste réellement à être glamour et tiré à quatre épingles en permanence, déambulant dans des hôtels cinq étoiles en attendant de se produire devant 40 000 personnes tous les soirs.

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Le disque Indigo Nights, caché derrière la couverture sous le symbole qui fut son patronyme, est une compilation des meilleurs moments des aftershows de son épopée londonienne.

Si les albums studio de Prince ne font plus vraiment le bonheur des mélomanes et des critiques depuis 2001 et le mystique Rainbow Children, il demeure sur scène l’un des artistes les plus époustouflants de sa génération.
Les aftershows, souvent donnés tard dans la nuit, dans une petite salle et devant un public restreint, permettent de se faire une idée de la vraie personnalité de ce génial lutin.

Loin de la façade glamour et hautaine qu’il aime montrer en public (et dans le livre qui accompagne le CD), le « véritable » Prince est jovial, facétieux et étonnamment simple.
Cet aspect de son personnage est particulièrement perceptible sur les sept premiers morceaux du disque qui sont tous tirés du même concert (auquel votre serviteur a eu le bonheur d’assister en compagnie d’une autre rédactrice d’Eclairement) où il enchaine blagues et boutades pour le plus grand bonheur de ses fans.
Les autres chansons sont extraites de l’aftershow du 22 septembre, feu d’artifice final de ces 21 nuits.

L’ensemble, 15 pistes au total, illustre convenablement l’étendue des talents de son altesse.
Des morceaux récents (3121, Satisfied) ou inédits (Begging Woman Blues) ponctuent un pot pourri de tubes anciens réorchestrés (Girls & Boys, Delirious, Alphabet Street) et de reprises (Whole Lotta Love de Led Zeppelin et Rock Steady de Aretha Franklin).

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Botox, lifting et photoshop mis à part, force est de constater qu’à cinquante ans passés Prince a musicalement de beaux restes. Il fait toujours montre d’immenses capacités au chant, au piano, à la basse et bien sur à la guitare dans des morceaux allant du blues au rock en passant par la soul, le funk et le jazz.

Le disque fait également la part belle à son groupe, constitué de musiciens tous plus talentueux les uns que les autres. Chacun a droit a son solo. Mention spéciale à Mike Phillips, saxophoniste, qui électrise visiblement l’assemblée à et au pianiste Renato Neto dont les interventions viennent aérer d’une touche latine des morceaux funk parfois un peu trop denses.

Si on peut faire une critique à ce disque c’est celle là : la densité.
Le nombre de pistes et de mélodies jouées simultanément est impressionnant. A un tel point que l’auditeur frise parfois l’indigestion.
Heureusement la production est de bonne qualité et on peut entendre distinctement tous les instruments à condition de disposer d’une bonne chaine hi-fi.

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Miles Davis disait de Prince qu’il était le Duke Ellington de notre époque. Il y a sans doute une part de vérité dans ce propos élogieux mais encore faut-il ne pas avoir converti le disque en .mp3 de trop mauvaise qualité pour profiter dignement de ses talents de chef d’orchestre.

Ce projet marque la fin d’un cycle dans la carrière de Prince. Un nouvel album studio est dors et déjà terminé et un nouveau single, Tun Me loose, a pu être entendu sur la web-radio KJLH, mais les exigences du maître ont, semble-t-il, refroidi les maisons de disques qui refusent pour l’instant toutes de distribuer ce nouvel épisode de ses aventures discographiques..
Qu’à cela ne tienne. Il sera peut-être mis en ligne gratuitement, offert pour l’achat d’une paire de bottines à talons ou d’un kit de botox à faire à la maison...

Quoi qu’il en soit sa nouvelle idée de distribution sera assurément étrangement géniale et fera couler de l’encre à propos de celui qui aime rappeller modestement qu’« il y a beaucoup de rois sur cette terre mais un seul Prince ».


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