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Voici le compte-rendu des échanges avec Minh-Triêt Pham lors du 8ème salon littéraire de Jean-Olivier, Au seuil de l’hakoustique, avec l’aimable accueil de la bibliothèque Saint-Simon du 7ème arrondissement de Paris.

Compte-rendu de la première partie
Compte-rendu de la deuxième partie

Le troisième moment de ce salon littéraire de mai était consacré plus précisément au recueil de haïkus de Minh-Triêt Pham, Cendres sur le seuil du jour. L’auteur nous le présente alors comme une sorte d’anthologie de ses haïkus. Nombre d’entre eux ont en effet déjà reçu des prix.

Le recueil se déploie autour de trois parties, trois temps : on vit une journée. Le matin s’associe au printemps et à des thèmes assez légers. Le midi s’associe au jour, les choses s’y trouvent un peu pêle-mêle, c’est distrayant, dynamique. Le soir est consacré au spleen, à la nostalgie, à la nuit, à l’automne et à l’hiver.
La lecture de ces moments peut toutefois très bien se faire dans le désordre. Il faut prendre le temps de la restitution de l’instant. Ce n’est pas toujours immédiat. Que ce soit au moment de l’écriture ou de la lecture. Et surtout, pour l’écriture d’un haïku, il faut avoir vécu l’instant en question.


Crédits photo : Chris Esnault

Ce recueil a fait l’objet d’une recension et d’un commentaire critique dans le sixième numéro de la revue Place de la Sorbonne, revue internationale de poésie de Paris-Sorbonne.

Une première question invite Minh à remonter aux origines de son écriture, sur ce qui l’a amené à écrire des haïkus. Il nous raconte alors qu’il est arrivé en France à 17 ans sans savoir parler français. Il a dû reprendre une scolarité à partir de la troisième. Au Viêt Nam, il était passionné pour la littérature française du XIXème siècle, romantisme et réalisme. En France, il a découvert le haïku. En 2011, il commence à montrer ses textes, auxquels il est fait très bonne réception. Il est notamment lauréat en 2012 pour le séjour autour des haïkus à Shikoku dans le cadre du programme " Visit Japan " du Ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme du Japon. L’île Shikoku, c’est un peu l’île natale du haïku. Parmi les pères du haïku, il y a Bashô, Buson, Issa et Shiki, pour le haïku moderne. Or Shiki Masaoka a vécu à Shikoku.

Cendres sur le seuil du jour propose des haïkus d’abord écrits en français et dans leur traduction vietnamienne. Pour cette traduction, Minh a dans un premier temps cherché à respecter l’esprit du texte. Puis quand l’esprit était là, l’auteur essayait de revenir au plus proche des mots originels.

Ce recueil de haïkus est également illustré. La rencontre avec l’illustratrice a été un hasard. L’éditeur avait mentionné que ce serait bien de proposer un accompagnement par le dessin. Minh a alors fait appel à une étudiante en dernière année de l’école des beaux-arts de Saïgon, Quỳnh-Sa Nguyễn Trần.

Minh évite de regarder les haïkus des autres, de sorte à ne pas être influencé. Au moment de la découverte du haïku, il a trouvé le haïku classique japonais très contemplatif. Le moment « ahah » serait donc une spécificité du haïku français.
Une question s’ensuit sur la ponctuation, le signe. D’abord, les anciens haïkus se présentaient en une seule colonne. Ils n’ont été mis en ligne qu’après la seconde guerre mondiale, mais toujours sur une seule ligne. Ensuite, s’il y a une ponctuation, ça compte pour une ou deux mores.

Quant à dire qu’un haïku se doit d’être nécessairement sur dix-sept syllabes, c’est en réalité peu pertinent. En effet, en anglais, langue concise, 17 syllabes, c’est trop. Il s’agit donc d’adapter la longueur à l’expression d’une concision du moment.

Le haïku japonais, en particulier dans son expression classique, ne se comprend que dans le cadre plus général de la beauté japonaise : beauté intérieure, le vide de l’intérieur, l’esprit zen dérivé du bouddhisme. Il s’agit de favoriser l’interprétation.

Quelle est la place du haïku au Viêt Nam ? Il n’est pas très développé. Quant au Japon, le haïku n’y est pas réellement une forme de poésie. Avant toute chose, la personnalité doit s’effacer. Son développement peut notamment se comprendre en rapport avec la structure holiste de la société japonaise, comme avec les caractéristiques de la langue japonaise, très polie : on y trouve par exemple dix manières de dire « je ». On considère toutefois au Japon que le haïku représente l’expression la plus haute.
A l’origine, le haïku est issu d’ un ensemble textuel plus important, le haikaï, pratiqué par les nobles comme les poètes de cour. La première strophe était désignée sous le nom de hokku. Elle s’est autonomisée et a pris le nom de haïku, contraction de haïkkaï et hokku.

Il existe deux types de haïku. Il y a d’abord la forme classique en 5/7/5, avec le kigo et une petite césure marquée par le tiret cadratin. Il y a ensuite la forme plus contemporaine, qui se veut le plus court possible et qui travaille la chute. C’est de l’ordre d’une phrase repliée sur trois lignes. Il faut en revanche éviter la succession de trois phrases.

La question de la contemplation est posée. C’est une question de culture, celle du vide. Est-on sorti de cette dimension avec les haïkus contemporains ? L’approche est un peu différente mais la dynamique de resserrement est toujours là.

La discussion aurait pu se prolonger encore bien longtemps mais l’heure avait passé. Tous nos remerciements à Minh-Triêt Pham pour ces riches échanges.


Voici le compte-rendu des ateliers d’écriture du 8ème salon littéraire de Jean-Olivier, Au seuil de l’hakoustique, avec la riche participation de Minh-Triêt Pham et l’aimable accueil de la bibliothèque Saint-Simon du 7ème arrondissement de Paris.

Compte-rendu de la première partie

Pour la séance écriture, Jean-Olivier confie à Minh le soin de livrer les mots pour l’atelier. Le premier est traditionnel du haïku : « printemps ». Trois minutes pour y glisser ses idées.

Voici ce que les participants ont réalisé :

Joëlle

A l’aube, un oiseau démarre,
Un autre répond

Françoise

Par la fenêtre
le vert des arbres se détache
du bleu du ciel
un oiseau déchire le silence
chaleur du printemps

Chris

Jonquilles au bois/
Tralala !

Nuages évanouis
le soleil de mai à midi
joue sur les carreaux

Claire Mélanie

Sifflement printanier
les jardins dans la lumière
les cloches ont sonné

Sifflement printanier
les cloches ont sonné
un voile noir

Maud

Entre ces feuilles le soleil passe,
sur ma peau, leurs ombres se marquent

Jean-Olivier

J’aime l’odeur des fleurs
voir la nature s’épanouir
sentir le réveil des sens
et enfin l’empreinte tant attendue

Catherine

La nature en fleurs
aujourd’hui il a gelé
été sans cerises

Minh

Lune de printemps —
depuis que je l’ai connue
toujours autant de rides

Chant d’oiseaux —
pendant l’écriture
le silence de plomb

Minh choisit ensuite pour le second atelier le mot "ruine", à laisser au singulier, à mettre au pluriel, à illustrer ou détourner. Cela en sept minutes.

Chris

Dressée vers le ciel,
grattant le couchant du jour
splendeur évanouie.

Mangée par le lierre,
ruine anonyme, oubliée
splendeur du Comté.

Richesse et prestige,
splendeur et rayonnement
et voilà ! ruiné !

Maud

De nos souvenirs il ne reste rien
Le temps efface tout
Oublions

Catherine

Un vieil hidalgo
près de la muraille
le village tombe en ruine

Françoise

Château construit au 16ème siècle
le temps efface tout
tas de cailloux

Jean-Olivier

La beauté du temps
La majesté des grands
Et pourtant tant de sang

Caroline

Mur en friches
une marguerite éclot

Claire Mélanie

Errance nocturne
le vent d’automne effeuille
ma vie en ruine

Ruines d’hiver
mordu par la terre et les neiges
ton corps gelé

Joëlle

Des enfants courent et crient au soleil,
tenues de fête, un mariage ruineux
et peu à peu , année après année,
la ruine du mariage

Minh

Dans le brouhaha
écrire
sur les ruines

Ruines de l’abbaye
au milieu des prés
un coquelicot

Salon littéraire —
en plein cœur du 7ème
explorer les ruines

A venir : le compte-rendu de la troisième partie du salon littéraire, l’échange avec Minh-Triêt Pham autour de l’art du haïku.


Voici le compte-rendu de la première partie du 8ème salon littéraire de Jean-Olivier, Au seuil de l’hakoustique, avec la riche participation de Minh-Triêt Pham et l’aimable accueil de la bibliothèque Saint-Simon du 7ème arrondissement de Paris.

A venir : les ateliers d’écriture du salon et le temps dédié à l’échange avec Minh-Triêt Pham.

Le huitième salon littéraire de Jean-Olivier était consacré au Haïku, et c’est Minh-Triêt Pham qui nous a accompagnés pour cheminer au plus près de la réalité et de ses impressions, en quelques mots.


Crédit photo Chris Esnault

La bibliothèque Saint-Simon du 7ème arrondissement nous accueillait dans ses locaux, par une belle matinée de mai. Quelques mots de Jean-Olivier, en guise d’introduction, permirent de présenter la nature de ces salons littéraires et l’invité, Minh-Triêt Pham.

Le temps de la lecture fut l’occasion de respecter scrupuleusement la variété et l’éclectisme chers à ce moment. Chris présenta Bartabas, Roman, un roman de Jérôme Garcin. Françoise, profitant des livres qui nous entouraient, choisit de piocher dans le catalogue de la bibliothèque, un ouvrage qui l’avait interpellée : Le cœur en dehors de Samuel Benchetrit. Caroline, après mention d’un grand-père qui aimait beaucoup la poésie, proposa une fable de Jean de La Fontaine, « Le vieillard et l’âne ».

LE VIEILLARD ET L’ANE

Un Vieillard sur son Ane aperçut en passant
Un pré plein d’herbe et fleurissant :
Il y lâche sa Bête, et le Grison se rue
Au travers de l’herbe menue,
Se vautrant, grattant, et frottant,
Gambadant, chantant et broutant,
Et faisant mainte place nette.
L’ennemi vient sur l’entrefaite.
Fuyons, dit alors le Vieillard.
Pourquoi ? répondit le Paillard.
Me fera-t-on porter double bât, double charge ?
Non pas, dit le Vieillard, qui prit d’abord le large.
Et que m’importe donc, dit l’Ane, à qui je sois ?
Sauvez-vous, et me laissez paître :
Notre ennemi, c’est notre maître :
Je vous le dis en bon françois.

L’introduction de la poésie dans ce salon fut l’occasion d’une question à Minh-Triêt Pham sur le rapport du haïku à la rime. Le haïku ne se conçoit pas du tout en termes de rimes, même s’il présente d’autres aspects très conceptuels. On considère qu’un haïku se construit sur 17 syllabes. Occasion également d’évoquer l’existence des classiques français au Vietnam. Oui, les fables de La Fontaine sont traduites en vietnamien, oui on lit du La Fontaine. Mais la traduction ne rend pas compte, pour Minh-Triêt Pham de la beauté de l’écriture.

Joëlle, ayant également profité des livres de la bibliothèque à disposition, lut quelques extraits de l’ouvrage Brèves de comptoir de Jean-Marie. Gourio. Les auditeurs furent tous amusés par cet intermède, peut-être finalement plein, si ce n’est de sagesse, d’invitation à la réflexion.

A mon tour de proposer à la lecture quelques poèmes de Marie S. extraits de son second recueil, Les pierres du gué, notes d’écoute.

Catherine, ayant déjà participé à des ateliers d’écriture autour du haïku, proposa quelques unes de ces créations :

L’hiver est morose
les nouvelles sont mauvaises
allez fais-moi rire

Cette lecture est alors ponctuée d’une nouvelle question à Minh, autour de l’illustration des haïkus.
Le haïku illustré à l’encre s’appelle un haïga, un haïku illustré par une photographie s’appelle un haïsha. Question est posée de la redondance des illustrations. Minh-Triêt Pham nous livre sa conception, lui qui a publié un recueil illustré de haikus, Cendres sur le seuil du jour, chez Pippa édition : il faut que les deux soient séparables, que chacune de ces créations apporte un point de vue. Le risque de l’image est alors d’imposer une interprétation du texte. Mais elle peut aussi un être nouveau point de départ, enrichissement, approfondissement.

Maude, comme un contrepoint à l’instant saisi par le haïku, offre à la lecture "Sous le pont Mirabeau", tiré du recueil Alcools d’Apollinaire. Cet ouvrage avait été un des premiers recueils de poésie qu’elle avait lu.

Et, pouvoir de la lecture, du messager, Chris nous a donné à entendre le choix de Martine, qui n’avait pu être présente : des haïkus de Patrick Gillet.

Un papillon blanc
Se prend pour un éventail/
Chaleur de l’été.

Les rémiges noires
Calligraphient le ciel/
Vol du balbuzard.

Pour finir ce tour de table, Minh-Triêt Pham a lu un de ses haikus, qui n’a pas manqué de soulevé questions et narrations ultérieures :

Alzeihmer —
elle n’a pas oublié pour autant
les fleurs de cerisier

Minh nous raconte alors les préalables à ce haïku : une rencontre dans le jardin Saint-Eustache. Dans cet endroit à la réputation douteuse, Minh s’était assis, regardant les fleurs de cerisier. Une vieille dame passe, aux allures un peu SDF. Elle s’arrête, ils discutent. Derrière cette piètre apparence, une biologiste, une botaniste, qui n’a seulement ses esprits que pour évoquer les arbres et les quatre cents espèces de cerisier.

Puis Minh évoque plus en longueur le haïku. Cette forme textuelle doit concilier un aspect vieillot, l’évocation d’une patine et un aspect dynamique, fugitif. Pour Minh, ce qui importe – mais c’est une conception plus moderne du haïku, c’est la belle chute, la chute qui surprend, la chute qui suspend le temps dans un moment « aha », qui construit un mouvement circulaire, d’éclairage avec les premiers mots.

Car il existe en réalité deux canons du haïku, issus du XVIIème et du XVIIIème siècle. La référence du XVIIème, c’est Basho :

Vieille mare
une grenouille plonge
bruit de l’eau

Le débat se lève autour de la possibilité d’une réception pertinente de ce texte. Certains soulèvent qu’il est difficile de dépasser l’éventuelle platitude.
Minh précise qu’il existe d’abord, certes des questions de culture, mais surtout des problèmes de traduction de tous ces haïkus traditionnels. Ils sont traduits, non pas à partir du japonais mais d’une traduction anglaise. D’autres traductions existent, comme « ploc dans l’eau », sauf que ce n’est pas ce que Basho a écrit (car « ploc » existe en japonais).
Un haîku devrait normalement se dérouler en deux temps, avec le moment pivôt. Ici le texte fonctionne plutôt sur trois temps, trois morceaux de phrase juxtaposés.

Dans le canon du haïku, tel que chez Basho, il y a le kigo, c’est-à-dire le mot de saison, l’ancrage saisonnier, ici la grenouille.
La « vieille mare », elle, apporte la patine, le sobre, le zen, entre sauvage et stabilité.
Le haïku doit par ailleurs se lire en une seule respiration. Ce qui reste, c’est l’écho de ce mouvement.

Regardant les 17 syllabes, c’est en réalité relatif. Le japonais fonctionne en effet en mores, ce qui ne recoupe pas la syllabe. Ainsi, Tokyo compte pour trois syllabes en français mais fait quatre mores en japonais to|ki|i¬|o.

Le moment aha correspond à un petit événement, une trouvaille. Minh l’illustre par un autre de ses haïkus :

Perruque carnaval —
une touche de fantaisie
pendant la chimio

Pour écrire un haïku, il faut également bannir les appréciations, éviter les adjectifs. Par exemple, au lieu d’écrire « une belle journée », il faut se contenter de « une journée ». Il s’agit de décrire une scène banale, que chacun peut comprendre. Deux images suffisent.
Surtout, il faut que le haïku ait d’abord été vécu.

Fin de la première partie.


Les membres de l’association Eclairement ont élu, à l’assemblée générale de janvier, l’équipe suivante :

Présidence : Claire Mélanie Popineau

Secrétariat général : Anne-Renée Castex

Trésorier : Lucien Castex

Membres du Consil d’administration : Jérémie Vossen, Corinne Godmer, Amaury Pétigny


C’est dans une ambiance conviviale et chaleureuse que s’est déroulée la 6ème édition du Salon Littéraire de Jean-Olivier. L’événement s’orientait sur la Bande Dessinée, mais pas seulement.

Principe de base mais à ne pas négliger, le salon littéraire est un moyen d’échange d’idées et de partage, un concept de coopération des personnes participantes. L’organisateur souhaite rétablir une atmosphère des salons du XIXème siècle. Et pour ce faire, la réunion est scindée en deux parties. La première concerne la lecture. Chacun apporte un texte, en relation ou non avec le thème choisi, et nous le fait partager à travers une lecture animée puis une réflexion sur le choix de ce texte. La deuxième partie se déroule sous forme d’atelier d’écriture. Un mot pour s’inspirer, pour laisser voguer son imagination et mouiller sa feuille de son encre.

La Bande dessinée

La naissance de la BD définie comme un art narratif, graphique et séquentiel serait née de Rodolphe Töpffer, écrivain et pédagogue suisse du XIXème siècle (voir http://www.cbbd.be/uploads/fichiers/pages/invention-de-la-bd-web.pdf). Auparavant toutefois, le statut de la bande dessinée était peu considéré. Est-ce de la littérature ? Il y a quelques années, on la considérait comme une sous-littérature du fait de la nature de ses illustrations. Aujourd’hui, elle semble gagner en légitimité et le dessin acquiert un statut nouveau. En témoignent les expositions consacrées à Moebius, Myazaki et l’univers d’Astérix et Obélix qui ont eu lieu à la BNF dernièrement.

Une œuvre de référence

Mais cette 6ème édition était surtout basée sur l’œuvre de Scott McCloud, L’art invisible. C’est un essai aux allures de BD, une réelle méta-réflexion sur la bande dessinée et ses conceptualisons anciennes et modernes. On apprend ainsi que le dessinateur doit vivre les situations, avant de pouvoir les restituer sous une forme contée. Mais ce qui est extraordinaire dans la bande dessinée, c’est ce rapport qu’elle entretient avec le temps. Un artifice venant du pays au soleil levant permet une communication muette avec le lecteur. Ainsi, ce dernier s’identifie plus aisément aux personnages à travers le prisme de l’attente. Les cases sans bulles s’articulent pour permettre cette médiation silencieuse, ce qui crée, par ce plan visuel, une relation avec le lecteur.

On revêt le masque…

Puis l’auteur-personnage nous demande de sourire à l’intérieur…

Et il attend.

Les mots dans ce contexte ne sont pas toujours nécessaires à la création de compréhension.
Le personnage qui tend ce masque anticipe la gêne et incite à ne pas avoir peur : « personne ne nous regarde ». Ainsi on sourit. Il demande ensuite la sensation éprouvée : il est peu aisé de répondre, on sait pertinemment que nos zygomatiques ont bougé, on se sent plus béat mais on ne peut expliquer ce que l’on ressent. L’auteur, par ce procédé, explique donc que pour lui, il est question de retranscrire des sensations par des images, de façon à ce qu’elles soient cernées. Avec ce subterfuge, Steve McCloud entretient une discussion avec ses lecteurs, en créant un scénario, les incluant directement. Le lecteur est un personnage à part entière de la Bande Dessinée.

1ère Partie : Lectures

Le salon débute par une séance de lecture de textes apportés par chacun, qu’il s’agisse d’extraits de roman, de poèmes ou même d’écrits personnels. C’est un exercice de partage et de diction. Un texte changera suivant l’intonation qu’on décide de lui donner. Ce n’est donc pas seulement un échange, mais aussi un apprentissage. On découvre comment donner un ton à nos textes ou à ceux des autres.

Gwendolyne nous a lu un texte personnel dans lequel elle narrait son rapport à la bande-dessinée lorsqu’elle était enfant et que sa chambre se situait en face d’une immense bibliothèque contenant de multiples albums des plus célèbres collections, de Tintin à Fluide Glacial.
Pascale, quant à elle, nous a propulsés dans des écrits intimes qu’elle avait rédigés, il y a quelques temps, lors d’un autre atelier d’écriture. Ses créations authentiques s’orientaient sur l’acte d’écrire, elle nous a donc transmis sa passion pour la rédaction avec brio.

Anne-Marie prenait plaisir à déclamer des textes, travaillant l’intonation. Elle nous a allègrement récité le poème Que la vie en vaut la peine de Louis Aragon puis l’une des plus majestueuses poésies de Rudyard Kipling If- Tu seras un homme mon fils.
Claire-Mélanie a, pour sa part, offert la lecture d’un extrait du roman Les amants de Pise.
Chris nous a transportés dans l’ouvrage Le guide des cités, un manuel incontournable pour le lecteur des Cités obscures. Cette collection est une forme de poésie graphique et didactique où se côtoient le monde réel et un autre monde imaginaire. On retrouve ainsi des photographies autant que des dessins, de lieux et de personnages autant fictifs qu’ayant existé.

Une autre intervenante, Janik nous révèle un passage du roman Tintin et le secret de la licorne. On cerne une forme de description de ce qu’auraient été des vignettes. On comprend alors que la BD offre le visuel et impose une limite pour qui voudrait la retranscrire. Un texte peut, lui, néanmoins, s’émanciper de la contrainte des cases de petites tailles et faire de longues envolées. Ce sont deux manières inéluctablement distinctes de traiter l’action. A la différence de la littérature, la bande dessinée ne décrit pas mais donne à voir.

On réalise ainsi que lors de la première lecture d’une BD, on a tendance à se focaliser sur l’histoire, les mots, pour suivre le fil de l’aventure. Une deuxième lecture serait donc nécessaire pour s’imprégner des images et remarquer les détails qui nous auraient échappé.

2ème partie : Atelier Écriture

Une tempête de mots et de styles s’est élevée grâce à l’atelier écriture. Le concept est simple, un mot et vous laissez dériver votre encre sur la feuille, laissez libre cours à votre imagination, laissez vos phrases intrépides se former et se projeter. Un exercice pour laisser notre créativité se libérer de ses contraintes usuelles. Les résultats sont parfois loufoques et décalés, ou simplement réalistes et vécus. Cela a peu d’importance, le but étant de passer un bon moment à imaginer des mots se former pour créer un monde nouveau au gré de notre inspiration soudainement codifiée.

Il n’est pas simple de trouver l’inspiration en cinq minutes mais il est justement intéressant de s’imposer une telle contrainte. Jean-Olivier nous a soumis trois mots : Image, dessinateur-scénariste, et BD.


Crédits photo : Chris Esnault

Certains participants parviennent à faire des poèmes en vers dans un laps de temps si restreint, ou des textes originaux. Des styles se cernent au fur et à mesure, c’est donc un exercice plaisant pour pousser nos limites de manière assez ludique.
Sans craindre de mauvais jugements, on partage nos écrits. On trouve un babouin déréglé pour BD et un mage imagine qu’il voit son image. Des pensées farfelues qui permettent de rire en chœur.

Vous aussi, vous souhaitez participer au salon littéraire ?

Le Salon Littéraire de Jean-Olivier est accessible à tous, librement et gratuitement. Vous pouvez venir accompagné de vos textes personnels ou d’une sélection de poèmes, bribes de romans ou quelconque type d’extrait que vous avez appréciés, pour un moment de partage. Bien entendu, vous avez le loisir de venir en simple auditeur libre, sans participer à l’une ou l’autre des activités afin de découvrir en quoi consiste cet événement. Par ailleurs, la manière de présenter vos lectures vous incombe, vous pouvez le faire d’une façon théâtrale, ou en chantonnant… soyez créatifs, vivez vos textes !

Textes de Laëtitia T. et Iymen B.

Crédits photo (sauf mention différente) : Laëtitia T.


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